Jean-Jacques Rousseau, 1778

Rêveries du promeneur solitaire

entre-autres :

5° Promenade

7° Promenade

le livre entier en PDF :

http://pdf.lu/YcvF

Né en 1712 à Genève et mort en 1778 à Ermenonville, écrivain, l'une des grandes figures de la philosophie du contrat, contributeur pour le moins critique des Lumières, contempteur de l'idée de progrès, botaniste et musicien. Le regard nouveau qu'il porte sur la nature en fait un précurseur du romantisme. Ses textes laissent transparaître une exaltation du milieu naturel comme lieu de repos et de calme, contrastant avec une autre vision, dominante à l'époque, mêlant parfois volonté d'exploitation et sentiments de terreur.


 

 

Jean-Baptiste de Lamark, 1820

SYSTÈME ANALYTIQUE DES CONNAISSANCES POSITIVES DE L’HOMME
RESTREINTES A CELLES QUI PROVIENNENT DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT DE L’OBSERVATION.

PDF DE L'OUVRAGE COMPLET

http://pdf.lu/Gv2d

 Né en 1744 à Bazenta dans la Somme et mort à Paris en 1829. Naturaliste français, il est l'un des premiers, en 1802, à introduire le terme "biologie" pour désigner, dans sa conception d'une "bonne Physique terrestre", l'étude des organismes vivants, à côté de la météréologie (étude de l'atmosphère) et de l'hydrogéologie ( étude de la croûte terrestre). Dans sa théorie de la Terre intitulée "Hydrogéologie"(1802), il suggéra, selon une note de Vernadsky (1945), le concept de biosphère pour désigner "l'aire de la vie", c'est à dire l'interaction de la "matière vivante" avec l'écorce terrestre, sans toutefois inventer le concept fonctionnel et évolutif moderne. Dans ses "Principes de géologie" Lyell résume et critique les idées transformistes de la "Philosophie zoologique" de Lamark, mais ne mentionne pas son "Hydréogéologie", ouvrage également ignoré par Darwin. Dans la théorie biologique de l'évolution, les controverses entre néo-lamarckisme et néo-darwinnisme persistent jusqu'à nos jours.


 

Étienne de Jouy, 1821

 

https://archive.org/stream/lhermiteenprovin01jouyuoft?ui=embed#page/n7/mode/2up

Dramaturge et librettiste français né le 19 octobre 1764 à Versailles et mort le 4 septembre 1846 à Saint-Germain-en-Laye. 

 

" Bientôt nous arrivâmes aux gorges de Septèmes, où, dans un des cantons les plus arides de l'aride Provence, on a construit plusieurs fabriques d'oxyde et de soude factice.Les vapeurs qui s'exhalent de ces laboratoires noircissentet brûlent tout aux environs; on croirait être au bord d'un volcan. J'interrogeais le négociant sur les résultats de cette découverte remarquable. "Belle demande, s'écria le porte-faix; brûler et détruire, voilà le but et le moyen de toutes vos innovations"; et partant de là pour fulminer un burlesque anathème contre toute amélioration qui ne remonte pas à plus d'un demi-siècle, il se déchaîna contre la soude factice, la vaccine et surtout contre l'enseignement mutuel (...). Elle est ouverte, cette boîte de Pandore d'où vont s'échappertous les fléaux; et comme si ce n'était pas assez de ce foyer de corruption, on nous menace d'en établir un autre sous le nom de chaire de chimie; mais les hommes religieux sont là; ils ont repoussé cette proposition insidieuse, et refusé l'argent que l'on demandait pour un usage aussi pervers"


 

 

Jacques-Gérard Milbert, 1828

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10405712

http://pdf.lu/15Gc

 

 

Né en 1766 et mort en 1940 à Paris. Naturaliste et dessinateur, membre de l'expédition Baudin, un voyage d'exploration scientifique français. Ses divers voyages d'étude aux États-Unis l'amènent  à faire partie des lanceurs d'alerte sur les dégradations provoquées par une déforestration massive.


 

George Catlin, 1841

Letters and Notes on the Manners, Customs, and Condition of the North American Indians

 

Pdf du livre (en anglais)

http://pdf.lu/5vgP

 

Artiste peintre américain né en 1796 en Pennsylvanie et mort en 1872 dans le New Jersey. Une rencontre impressionnante avec une délégation indienne à Philadelphie en 1824 l'amène à consacrer sa vie à peindre des Indiens et à représenter les us et coutumes. En leur rendant hommage, son oeuvre témoigne de la vie de ces peuples qu'il pensait menacés de disparition.

quelques extraits en français :

http://pdf.lu/1m8U

http://pdf.lu/Bbe9

http://pdf.lu/s51g

http://pdf.lu/M2Bn

 

 


 

Henry David Thoreau 1843 / 1854

Le Paradis à (re)conquérir  1843

« Avec quelle rudesse et quelle brutalité traitons-nous la nature ! Ne pourrions-nous pas la travailler avec moins de négligence ? Après tout, n'est-ce pas ce que suggèrent toutes ces belles inventions - le magnétisme, le daguerréotype ou l'électricité? Ne pouvons-nous faire plus que couper et tailler la forêt, ne pouvons-nous contribuer à son économie intérieure, aider la circulation de la sève ? Mais nous travaillons aujourd'hui de façon superficielle et violente. Nous n'imaginons pas tout ce qui pourrait être fait pour améliorer notre relation à la nature animée, ni tous les bienfaits que nous pourrions en tirer.»

 

Walden, ou la vie dans les bois  1854  

PDF du livre :

http://pdf.lu/J77g

 

 

Philosophe encyclopédiste, naturaliste autodidacte et écrivain américain né en 1817 et mort en 1862 dans le Massachusetts. Lecteur enthousiaste de Humbolt, il fait des études à Harvard de 1833 à 1837. Il entretient une longue amitié avec Ralph Waldo Emerson, principale figure du courant transcendantaliste. En 1845, Thoreau s'installe dans une petite cabane qu'il a construite au bord de l'étang de Walden, dans laquelle il vivra deux années durant. Il y fait l'expérience d'une existence simple, réduite au minimum nécessaire, sans toutefois perdre le contact avec ses amis de la ville voisine de Concord. Son oeuvre majeure Walden, ou la vie dans les bois est le récit de cette expérience. Son essai de 1849 : La Désobéissance civile, est une source fondamentale des mouvements ultérieurs de contestation de l'individu contre la violence d'État et inspirera la "non-violence" d'un Ganghi.


 

George Perkins Marsh, 1864

Man and Nature  ( une vingtaine de pages traduites en français ) :

http://pdf.lu/860S

 

 

L’ouvrage de George Perkins Marsh Man and nature ; or, physical geography as modified by human action, dont nous traduisons ici pour la première fois en français un chapitre, est un monument de l’histoire de la pensée environnementale, écologique et géographique. Salué à ce titre dans les pays anglo-saxons depuis sa première publication en 1864, l’ouvrage est généralement ignoré des spécialistes, et a fortiori du grand public, francophones. Après plus de 140 ans, Man and nature conserve pourtant un indéniable intérêt, principalement constitué par ce mélange déroutant de contemporanéité et d’obsolescence. Le livre est de sage culture, écrit par un homme aisé et instruit du 19e siècle, et de nature exubérante, encore rétif aux disciplines scientifiques et pourtant fondateur de ces disciplines, ouvrage positiviste et pourtant héraut de la critique environnementale. Il pose ainsi, au moment où se consolide la modernité, les fondements de la réflexion sur les dépassements de cette modernité tels qu’ils se déploient aujourd’hui à travers la question environnementale.


 

Fairfield Osborn, 1948

La Planète au Pillage

PDF du livre :

http://pdf.lu/j8rj

Né en 1887 et mort en 1969. Naturaliste américain, il occupe longtemps le poste de président de l'une des plus importantes ONG internationales de protection de la nature, la New York Zoological Society. Dans cet essai écrit en 1947, il développe la métaphore de la "guerre mondiale" (au sens de guerre contre le monde), dénonçant la surexploitation des ressources naturelles de la planète par l'Homme, devenu "une nouvelle force géologique" (chap. III). En 1948, directeur de l'American Museum of Natural History et président de la nouvelle Conservation Foundation, il participe à la Conférence de Fontainebleau qui crée l'UIPN, devenu l'UICN ( Union Internationale pour la Conservation de la Nature) en 1956. Cet ouvrage, ainsi qe celui de son collègue et ami William Vogt, marquent le début du pessimisme catastrophique de l'environnementalisme (ou écologisme) post-Hiroshima, de la critique de l'anthropocentrisme et de la réflexion renouvelée sur l'épuisement des ressources, conséquence pour ces auteurs de la surpopulation et de l'ignorance des lois de la biosphère. L'un et l'autre prennent explicitement le contre-pied des idées progressistes en vogue dans les agences d'aide au développement de l'ONU.


 

 

Dennis Meadows, 1972

Rapport Meadows du Club de Rome

Limites de la croissance

Limits to Growth

http://pdf.lu/HZh6

voir interview 2012 dans l'onglet Témoins/Acteurs


 

 

John McNeill 2000

Du nouveau sous le soleil

 

Guerres mondiales, essor et chute du communisme, diffusion de la démocratie : voici les événements qui forment l’histoire habituelle du XXe siècle. Mais, durant ce siècle, l’impact des hommes sur l’atmosphère, l’eau, le sol et la biosphère a atteint une intensité sans précédent. Comme l’écrit J.R. McNeill dans ce livre important, avec le recul, le changement environnemental apparaîtra comme le phénomène le plus important de l’histoire du siècle. A partir d’une présentation passionnante, qui mélange anecdotes, données et analyses éclairantes, McNeill nous propose le premier récit complet de « l’expérience gigantesque et incontrôlée menée sur la terre » par l’espèce humaine au XXe siècle. Ce livre est rien moins qu’une réécriture de la vision de l’histoire communément admise : Thomas Midgley, l’inventeur de l’essence au plomb et du premier gaz CFC, devient un des premiers personnages du siècle, devant les acteurs de deux guerres mondiales.


 

Paul Crutzen 2002

Géologie du genre humain : l'Anthropocène

Depuis trois siècles, l’impact de l’humanité sur l’environnement planétaire s’est aggravé. En raison des émissions anthropogéniques de dioxyde de carbone, le climat de la Terre pourrait dériver significativement de son régime naturel pour les millénaires à venir. On peut à juste titre désigner par le terme « anthropocène » l’époque géologique actuelle, dominée de diverses manières par l’Homme, qui succède à l’Holocène – la période chaude des dix-douze derniers millénaires. On peut dire que l’Anthropocène a commencé dans la dernière partie du 18e siècle, époque dont les analyses de l’air emprisonné dans les glaces polaires montrent qu’elle a connu une augmentation des concentrations de dioxyde de carbone et de méthane à l’échelle du globe. Cette période coïncide aussi avec la conception de la machine à vapeur de James Watt en 1784.

L’influence croissante de l’humanité sur l’environnement a été reconnue au moins depuis 1873, lorsque le géologue italien Antonio Stoppani a parlé d’une « nouvelle force tellurique qui par sa puissance et son universalité peut être comparée aux grandes forces de la Terre », faisant référence à « l’ère anthropozoïque ». Puis en 1926, V.I. Vernadsky a reconnu l’impact grandissant de l’humanité : « La direction que doivent suivre les processus de l’évolution, c’est-à-dire vers l’accroissement de la conscience et de la pensée, et des formes ayant des conséquences de plus en plus grandes sur leur environnement. » Teilhard de Chardin et Vernadsky ont utilisé le terme « noosphère » – le « monde de la pensée » – pour marquer le rôle croissant du pouvoir de l’intellect humain dans la maîtrise de son environnement et de son propre avenir.

L’expansion accélérée de la démographie mondiale et de l’utilisation par habitant des ressources de la Terre a été continue. Au cours des trois derniers siècles, la population humaine a été multipliée par dix, dépassant les six milliards. On s’attend qu’elle atteindra dix milliards durant ce siècle. Le cheptel des bovins producteurs de méthane s’est élevé à 1,4 milliard. Les humains exploitent environ 30 à 50 % de la surface des terres de la planète. Les forêts tropicales humides disparaissent à un rythme élevé, ce qui augmente le taux de dioxyde de carbone et augmente fortement l’extinction des espèces. La construction des barrages et le détournement des rivières et des fleuves sont devenus monnaie courante. L’humanité utilise plus de la moitié de l’eau douce accessible. Les pêcheries soutirent plus de 25 % de la production primaire dans les régions océaniques d’upwelling (remontée d’eau profonde) et 35 % dans les bassins tempérés de plateaux continentaux. L’utilisation de l’énergie a été multipliée par seize au cours du 20e siècle, ce qui a engendré des émissions de dioxyde de soufre dans l’atmosphère s’élevant à 160 millions de tonnes par an, soit plus du double des émissions naturelles. Dans l’agriculture, on utilise plus de fertilisants azotés que tous les écosystèmes terrestres n’en fixent naturellement ; la production de monoxyde d’azote par la combustion des énergies fossiles et de la biomasse surpasse aussi les émissions naturelles. La combinaison de ces deux activités a provoqué des augmentations substantielles dans les concentrations de « gaz à effet de serre » – 30 % pour le dioxyde de carbone et plus de 100 % pour le méthane – atteignant leurs plus hauts niveaux depuis 4 000 ans, une tendance à la hausse qui va encore augmenter.

Jusqu’ici, ces impacts ont largement été le fait de seulement 25 % de la population mondiale. Les conséquences sont, entre autres, les pluies acides, lesmog photochimique et le réchauffement climatique. Ainsi, selon les dernières estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC/IPCC), la Terre se réchauffera de 1,4 à 5,8 °C durant ce siècle.

De nombreuses substances toxiques sont relâchées dans l’environnement, sans compter certaines qui, sans être toxiques du tout, ont cependant de sérieux effets néfastes, comme les chlorofluorocarbures qui créent le « trou d’ozone » de l’Antarctique (et qui sont désormais sous contrôle). Cela dit, les choses auraient pu devenir bien pires : depuis le milieu des années 1970, on étudie les propriétés destructrices de l’ozone des halogènes. Or, s’il s’était révélé que le chlore se comportait chimiquement comme le brome, le trou d’ozone aurait pu être un phénomène planétaire permanent, et pas seulement un événement du printemps de l’Antarctique. Plus par hasard que par sagesse, cette situation catastrophique n’a pas eu lieu.

À moins d’une catastrophe mondiale – comme l’impact d’une météorite, une guerre mondiale ou une pandémie – l’humanité restera une force environnementale majeure pour des millénaires. Les scientifiques et les ingénieurs se retrouvent face à une tâche redoutable qui consiste à guider la société vers une gestion environnementale soutenable durant l’ère de l’Anthropocène. Cela nécessitera un comportement humain approprié à tous les niveaux, et pourrait bien inclure des projets de géo-ingénierie de grande échelle internationalement acceptés, pour « optimiser » le climat par exemple. Cependant, à ce stade, nous avançons encore en terra incognita.


 

Jared Diamond, 2006

Effondrement 

comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie 

http://pdf.lu/wbbK

 Biogéographe américain né en 1937 à Boston. Professeur de géographie à l'Université de Californie à Los Angeles, il met en évidence dans cette étude cinq facteurs à l'oeuvre dans la chute d'une société, montrant que les facteurs écologiques ne suffisent pas à expliquer les effondrements répertoriés : la réaction des sociétés aux défis environnementaux est en effet décisive. Les fermiers islandais ont réussi à traverser le petit âge glaciaire pour avoir décidé en commun de réduire leur cheptel, alors que les Mayas ont disparu pour avoir répondu à la perte des sols par la guerre. Les effondrements en question sont autant de réductions brutales de la complexité des sociétés et de leurs effectifs démographiques.


 

Frédéric Lenoir, 2012

Ce début de XXIe siècle est traversé par une telle succession de crises écologique, économique et politique qu il voir refleurir le vieux mythe de la fin des temps. Nous nous trouvons confrontés aujourd hui à au moins dix bouleversements inédits dans notre histoire. Pour trouver une mutation similaire, il faut remonter non pas à la Renaissance, ni à la fin de l Empire romain, mais au tournant du néolithique, lorsque, il y a plus de dix mille ans, les groupes humains abandonnèrent le mode de vie nomade pour se sédentariser. On assista alors à un changement radical du rapport de l homme à lui-même et au monde, dont nous sommes les ultimes héritiers. Aujourd hui, ce n est pas la fin du monde que nous connaissons, mais la fin d un monde, celui fondé sur la prééminence du cerveau rationnel et logique par rapport au cerveau émotionnel et intuitif, sur l exploitation mercantile de la nature, sur la domination du masculin sur le féminin. Frédéric Lenoir montre ici que la guérison est possible. Illustrant les impasses de la fuite en avant (le progrès à tout-va) comme celles du retour en arrière (démondialisation, écologie radicale, intégrismes religieux), il exprime sa conviction que l humanité peut dépasser cette crise planétaire par une profonde transformation de nos modes de vie et de pensée : rééquilibrage du masculin et du féminin, passage de la logique du « toujours plus » à celle de la « sobriété heureuse », de l égoïsme à la communion, de l état de spectateur passif à celui d acteur responsable... Au-delà des rafistolages provisoires d une pensée et d un système à bout de souffle, une immense révolution est en marche : celle de la conscience humaine.

Frédéric Lenoir est universitaire. Philosophe, sociologue et historien des religions, il est chercheur associé au Centre d’études interdisciplinaires du fait religieux à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS/ CNRS). Il a publié de nombreux essais et dirigé plusieurs encyclopédies sur les questions spirituelles et religieuses. Il est producteur de l'émission "les racines du ciel" sur France Culture.

 


 

Edgar Morin, 2012