13. févr., 2014

Des Universités se désabonnent des revues scientifiques

Alerte de Olivier Walusinski du 30/01/2014

peut-être faudrait-il activer un battage médiatique devant le 
scandale que représente la fin d'abonnements à plusieurs milliers de 
revue médicale de la BIUS à compter de 2014
une des plus riches, anciennes bibliothèque de médecine au Monde
que deviendront les générations futures sans bibliothèque ?
et nous aussi dès maintenant ...

amitiés

http://www2.biusante.parisdescartes.fr/wordpress/index.php/ 
contraintes-budgetaires-desabonnements-2014/

30/01/2014

Bernard Montagne

que répondre ?
 
1 que c'était à prévoir depuis très longtemps ... par des responsables probablement non passionnés.
 
2 que l'argent gaspillé pour la création ou la maintenance d'un site universitaire devient aussi un scandale. L'argent est comme d'habitude mal utilisé.
 
4 que l'accès à des revues internationales reste très cher alors que beaucoup d'articles ressortent de recherches payées par des dons et des sommes prélevées sur les impôts.
 
3 que les grands médias modernes ne se remueront pas pour un sujet non porteur et donc non rémunérateur.
 
4 reste le bénévolat de bibliothécaires retraités ? mais peut-être sera-t-il considéré comme une niche ou un travail au noir ...
 
Cordialement
ps : je ne reçois rien de personne pour mon site libre
 

 

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO  12.02.2014

 David Larousserie

 

 

Tournant ou phénomène passager ? Plusieurs bibliothèques universitaires françaises ont décidé de se désabonner de revues scientifiques majeures, prises en tenailles entre leurs budgets en baisse et les hausses des tarifs des éditeurs.

 

 

Paris-VI ou à Lille les chercheurs se passeront du journal Science. A Paris-V et Paris-VII, du New England Journal of Medicine. A Paris-V encore, Nature, leJournal of the American Medical Association sont concernés. A Nantes et Angers, l’abonnement aux journaux de l’American Physical Society, telle Physical Review Letters, s’arrête.

DES RESSOURCES ESSENTIELLES

Ces ressources sont pourtant essentielles aux chercheurs car c’est là qu’ils publient leurs résultats et qu’ils prennent connaissance des progrès de leur discipline. « Depuis des années nous criions au loup. Maintenant nous sommes proches d’un point de rupture », estime Christophe Pérales, président de l’Association des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation.

« Selon nos premières indications, sur la moitié des établissements, il n’y a pas de vague massive de désabonnements. Mais les marges se réduisent. Nous constatons aussi une baisse de 20 % des achats de livres, ce qui pénalise les étudiants ou les chercheurs en mathématiques ou sciences humaines », précise Christophe Pérales.

Depuis longtemps, le prix d’accès à ces journaux augmente bien plus que l’inflation, « de 5 % à 15 % par an, voire plus », indique Valérie Néouze, directrice du service commun de documentation de l’université Paris-V. Dans le même temps, « selon nos enquêtes fondées sur les budgets prévisionnels, les baisses de moyens des bibliothèques étaient de 9 % en 2012 puis encore de 5 % en 2013 », résume Sandrine Malotaux, membre du consortium Couperin, qui négocie au nom des bibliothèques françaises avec les éditeurs scientifiques.

Des décisions drastiques s’imposent. En grande difficulté financière, Paris-V a ainsi baissé de 24 % le budget de ses bibliothèques, d’où un arrêt de la souscription à la moitié des ressources. Pour Paris-VI, c’est l’augmentation de 47 % en un an du prix de la célèbre revue Science qui a conduit au désabonnement. L’éditeur de Science explique cette situation par le fait qu’il n’était pas tombé d’accord avec l’université sur le nombre de personnes ayant accès à cette revue sur le campus. Il rappelle aussi que Science est accessible gratuitement un an après la parution.

« PROUMOUVOIR DES ALTERNATIVES »

« Chaque année, nous nous désabonnons de certains titres, mais là nous touchons au cœur des collections », relève Valérie Néouze. Les conséquences pour les chercheurs sont cependant tempérées par le fait que les laboratoires sont souvent en cotutelles entre les universités et les organismes de recherche. Des accès à ces revues restent possibles en utilisant les mots de passe de collègues.

D’un mal pourrait sortir un bien. « Cette situation aidera les chercheurs à prendreconscience du rôle des bibliothèques », pointe Valérie Néouze. « Cela va nouspermettre de mieux promouvoir les alternatives, qui restent timides », ajoute-t-elle.

Parmi celles-ci se trouvent l’accès libre et ses différentes versions, qui consistent à rendre accessibles gratuitement les articles de recherche. Cela passe notamment par le développement des dépôts d’archives ouvertes, c’est-à-dire des sites Web dans lesquels les chercheurs mettent eux-mêmes en ligne le fruit de leurs travaux, avant ou après que l’article a été accepté par une revue scientifique. Les documentalistes devront d’abord informer les chercheurs pour les inciter àrentrer dans ce jeu. Aux Etats-Unis, le dépôt d’archives ouvertes est souvent une obligation pour la recherche publique.

« Nous ne devons pas rater non plus l’étape suivante, qui est celle de l’accès non aux seuls articles, mais aussi aux données de la recherche, estime Valérie Néouze. Nous devons développer nos propres entrepôts de données. »