7. août, 2013

MESSAGE DE PASCALE HOMEYER

Bonjour Bernard 

2 pages du monde diplomatique consacrées au gaz de schiste dans le monde diplomatique d'Aout 2013

A bientôt 

Pascale 

> Le monde Diplomatique août 2013


> Au Dakota du Nord, les vaches perdent leur queue

> L'exploitation du gaz et du pétrole de schiste aux Etats-Unis provoque 
> d'importants dégâts environnementaux. Dans le Dakota du Nord, les 
> autorités détournent le regard.

> par *Maxime Robin*, août 2013
> Aperçu

> La ferme de Mme Jacki Schilke est la seule habitation à trente-cinq 
> kilomètres à la ronde. Cette agricultrice des environs de Williston a 
> toujours refusé que les compagnies forent son terrain, mais plusieurs 
> infrastructures pétrolières jouxtent ses pâtures. Depuis 2011, 
> certaines de ses vaches sont atteintes d'un mal étrange : elles 
> maigrissent, et parfois perdent leur queue. Elle fait donc appel aux 
> autorités du Dakota du Nord pour expertiser son terrain. Dépêchés sur 
> place, les inspecteurs ne trouvent rien d'anormal.

> Mme Schilke contacte alors un expert indépendant de Detroit, qui, dans 
> un échantillon d'air prélevé au-dessus de la ferme, décèle plusieurs 
> substances : benzène, méthane, chloroforme, butane, propane, toluène 
> et xylène --- tous communément associés à l'extraction d'hydrocarbures 
> par fracturation hydraulique, ou /fracking./ Dans son puits sont aussi 
> détectées d'importantes quantités de sulfates, chrome et strontium. 
> Des liaisons neurotoxiques sont découvertes dans son cerveau, et, dans 
> son sang, des traces de plusieurs métaux lourds. En tout, elle a perdu 
> cinq vaches, deux chiens, plusieurs poules et une partie de sa santé.

> Plusieurs témoignages semblables au sien mettent en lumière la 
> difficulté du Dakota du Nord à protéger sa terre, alors qu'un boom 
> pétrolier n'en finit pas d'ébaudir les médias. Depuis 2011, en effet, 
> les mêmes images tournent en boucle : les derricks parsemant la vaste 
> prairie, les immenses files de camions, les camps de travailleurs 
> logés à la hâte dans des caravanes, etc. Le coût environnemental de 
> cette ruée reste en revanche un mystère. Le gouvernement local ne 
> connaît pas la quantité de pétrole et de produits chimiques répandus à 
> la surface de la prairie fortuitement ou par négligence, et les 
> rapports d'accident industriel, que les entreprises remplissent 
> elles-mêmes, sont souvent falsifiés. A tout cela une raison : ce petit 
> Etat agraire, dont la capitale politique, Bismarck, n'excède pas 
> soixante mille habitants, est un paradis politique et judiciaire pour 
> les compagnies (...)

> Un effet domino sur les cinq continents


> Le gaz de schiste chamboule la géopolitique

> Russie, Iran, Qatar, Bolivie... Réunis à Moscou le 1er juillet, les 
> membres du Forum des pays exportateurs de gaz ont tenté de s'accorder 
> sur une stratégie commune face à la montée en puissance du gaz de 
> schiste. Ces producteurs traditionnels s'inquiètent. Car la nouvelle 
> manne, exploitée en premier lieu aux Etats-Unis, n'a pas seulement 
> dopé l'industrie locale : elle pourrait bouleverser la géographie 
> énergétique mondiale.

> par *Régis Genté*, août 2013
> Aperçu

> Qui l'eût cru ? Il y a moins de dix ans, le marché du gaz était 
> largement déterminé par les importations américaines. Et voilà 
> qu'aujourd'hui les Etats-Unis sont au contraire sur le point d'en 
> devenir exportateurs. Ce retournement modifie en profondeur la 
> géopolitique mondiale. Les gaz de schiste étant théoriquement 
> exploitables dans de nombreuses régions du globe, notamment en Europe 
> et en Chine, d'autres acteurs majeurs de ce marché pourraient bientôt 
> émerger, tandis que certains pays ou régions, comme la Russie ou le 
> Proche-Orient, risquent de se trouver affaiblis, quels que soient les 
> doutes --- financiers, techniques, environnementaux --- nourris quant 
> à l'avenir de ces gaz non conventionnels. Dans le secteur des 
> hydrocarbures, le bluff fait partie intrinsèque des affaires.

> De l'après-guerre au début des années 2010, le marché du gaz naturel
> (conventionnel) se structurait autour de flux d'import-export allant 
> de régions productrices --- ex-URSS, Proche-Orient --- vers de grands 
> centres de consommation : Etats-Unis, Europe, Chine. Ce schéma, 
> matérialisé par un maillage de gazoducs et d'accords 
> diplomatico-financiers, impliquait des investissements lourds, des 
> projets de long terme, et donc une certaine prévisibilité. La 
> construction et la sécurisation des corridors mondiaux 
> d'approvisionnement ont engendré des relations de dépendance entre 
> pays, nourri des velléités d'ingérence, suscité des alliances...

> Mais voilà que les flux énergétiques se réorientent, et nul n'a vu 
> venir ce grand chamboulement. En 2007 encore, par exemple, le géant 
> russe Gazprom choisissait ses partenaires étrangers --- Total et 
> Statoil --- pour exploiter le gisement de Chtokman, en mer de Barents, 
> qui recèle à lui seul 2 % des réserves mondiales de gaz conventionnel 
> et qui devait drainer 30 milliards de dollars d'investissement. Trois 
> ans plus tard, Moscou gèle le projet : le marché américain n'est plus 
> preneur du gaz de Chtokman. Entre-temps, outre que la récession a 
> plombé la consommation énergétique mondiale, les hydrocarbures non 
> (...)