Sérendipité : Heureux hasards en médecine.

La stimulation cérébrale profonde chez le Malade Parkinsonien :

la curiosité du Professeur Benabid.
Des centaines de milliers de malades dans le monde ont pu en bénéficier.

 

Le prestigieux Prix Lasker 2014, considéré comme le « Prix Nobel américain », a été décerné à New York au neurochirurgien français Alim-Louis Benabid. Membre de l'Académie des sciences, ce chirurgien-chercheur partage le 'Prix Lasker de la recherche clinique médicale', conjointement avec le Pr Mahlon DeLong pour la découverte de la "stimulation cérébrale profonde" (SCP) dans certains noyaux (zones profondes) du cerveau. Cette procédure chirurgicale consiste à contrôler les troubles moteurs d'un malade souffrant de mouvements involontaires anormaux (en particulier de la maladie de Parkinson) par l’implantation d’électrodes stimulant des noyaux du cerveau.

Le Pr Benabid est le huitième français à obtenir le Prix Lasker. Le dernier lauréat français a été le Pr Alain Carpentier, en 2007.

La chance sourit parfois aussi aux chercheurs, en leur offrant sur un plateau des réponses fructueuses à des questions qu'ils ne se posaient pas. Encore faut-il être prêt à recevoir l'imprévisible, l'inconnu ou l'étrange. Tel a été le cas dans les années 1980 pour le Pr Alim-Louis Benabid, qui a la double formation de médecin et ingénieur. Il exerce aujourd’hui à Clinatec, un centre de recherche biomédicale du CEA, basé à Grenoble.

 

Je reproduis ici un extrait d’un article  que j’avais rédigé en août 2012 pour le supplément hebdomadaire ‘Science et Techno’ du journal Le Monde, intitulé « Sérendipité : Heureux hasards en médecine’.

 

Grenoble, fin des années 1980. Une double formation universitaire peut se révéler être un atout majeur pour faire une découverte par sérendipité. A la fin des années 1980, Alim Louis Benabid, neurochirurgien au CHU de Grenoble, également professeur de biophysique, réalise régulièrement chez des patients souffrant de tremblement une intervention (appelée thalamotomie) consistant à détruire le noyau ventro-intermédiaire (VIM) du thalamus, une zone du cerveau impliquée dans le contrôle de la motricité. Avant de détruire par électrocoagulation cette cible, il s’assure toujours que l’électrode est correctement positionnée en stimulant la zone. « Si mon électrode était trop en arrière de la cible, mon patient ressentait des fourmillements et il fallait donc la placer plus en avant. Si mon électrode était trop latérale, je provoquais des contractions musculaires de la face ou du bras, et il fallait que je la repositionne plus en dedans. Lorsque je ne provoquais ni fourmillements, ni contractions, j’étais en toute logique dans la cible que je voulais détruire », raconte le professeurBenabidLe neurochirurgien-physicien a l’idée de modifier la fréquence de stimulation de l’électrode positionnée dans la cible avant de la détruire, « pour voir si cela ne serait pas mieux, mais aussi pour savoir ce qui se passait, par curiosité scientifique ». « Au lieu de stimuler à 30 ou 40 Hz comme tout le monde, je stimulais à 1, 5, 10, 50 et 100 Hz, fréquence maximale avec l’appareillage que j’utilisais », explique-t-il, ajoutant que « les choses sont devenues évidentes un jour de janvier 1986 où j’intervenais sur un patient atteint de tremblement essentiel, une maladie d’origine familiale ». Le neurochirurgien constate qu’une stimulation à 100 Hz entraîne l’arrêt total du tremblement de la main du malade. Il pense avoir provoqué une contraction musculaire si forte qu’elle bloque complètement le tremblement, mais à l’interruption de la stimulation, le tremblement reprend. Nouvelle stimulation, plus de tremblement. Arrêt de la stimulation, reprise du tremblement. « Cela marchait à tous les coups. Je n’obtenais pas de fourmillements, pas de contractions, le patient pouvait même pianoter avec ses doigts. En plus j’observais une suppression du tremblement. C’est exactement ce que je cherchais à faire ! », raconte le professeur Benabid. Il vient de découvrir que la stimulation de la cible à une fréquence de 100 Hz a curieusement le même effet que sa destruction.

C’est alors que se présente, début 1987, au service de neurochirurgie Monsieur B., un homme d’une cinquantaine d’années souffrant d’un tremblement essentiel, déjà traité par thalamotomie et qui présente un tremblement du côté non traité. Réaliser une thalamotomie bilatérale comporte cependant un risque non négligeable de complications, à savoir de survenue de troubles de la parole et de la mémoire. Le neurochirurgien propose à son patient de lui implanter une électrode de stimulation dans la zone cible plutôt que de la détruire. Le patient accepte. L’électrode intra-cérébrale, connectée à un fil sortant à l’arrière du crâne et courant sous la peau, est reliée à un stimulateur implanté dans le creux de la clavicule. Monsieur B. ne tremble plus. Il est décidé de proposer cette technique à tous les malades qui devaient subir une thalamotomie. « A partir de ce moment-là, je n’ai plus du tout fait de lésions ciblées, mais uniquement des stimulations », résume le professeur Benabid.

Dans les années 1990, suite à une découverte chez le singe, le ‘noyau sub-thalamique’ (NST) devient la cible privilégiée de la stimulation cérébrale profonde (SCP) dans des formes sévères de la maladie de Parkinson. La stimulation chronique du NST s’avère efficace sur les trois symptômes de l’affection : le tremblement de repos, la rigidité musculaire et l'akinésie (ralentissement de l'exécution du mouvement). La SCP connaît alors une large diffusion dans le traitement des mouvements involontaires. Trente-cinq ans après sa découverte, son mode d’action reste encore mal connu. « Nous ne savons pas vraiment comment cette technique fonctionne, mais qu’importe puisque çà marche ! », déclare le professeur Benabid. Le neurochirurgien n’hésite pas aujourd’hui à parler « de sérendipidité et de chance ». « Le seul mérite que j’ai eu est de ne pas avoir laissé passer cette observation », déclare-t-il. Il n’avait pas fait état, à l’époque, du caractère fortuit de son observation. « Les résultats obtenus sur les premiers malades traités me fournissaient une bonne raison, sinon une bonne excuse, pour avoir eu l’idée d’augmenter la fréquence en tournant un simple bouton. Finalement, cette idée n’était pas complètement idiote ! », conclut-il. (…)

Marc Gozlan


 

Sur les chorées (Chorée de Sydenham, Danse de Saint Guy, Maladie de Huntington)

Je suis fatiguée, aujourd’hui, alors je n’ai envie que de picorer dans les textes. Mes livres sont arrivés hier ! Une toute petite centaine, tout en vrac, quasiment que des fétiches. Je tire Michelet en premier, La sorcière.

La danse de Saint Guy racontée par Michelet

La danse de Saint Guy, observée au XIVème siècle, telle qu’elle est racontée par Michelet nous concerne d’autant plus qu’il s’intéresse autant à ses manifestations qu’aux moyens employés pour y remédier. Si la maladie de Huntington (héréditaire, touchant les adultes, et incurable) n’a rien à voir avec la danse de Saint-Guy ou Chorée de Sydenham (infectieuse, infantile et qui se soigne par la pénicilline), il n’empêche que le passé a attaché les deux maladies l’une à l’autre (jusqu’à ce que George Huntington les sépare officiellement le 15 février 1872 !). Aujourd’hui il n’est pas rare que l’on continue de les confondre.

« [Au quatorzième siècle, le] premier danger n’était pas le moins grand. Il éclata, vers 1350, d’une effrayante manière par la danse de Saint-Guy, avec cette singularité qu’elle n’était pas individuelle ; les malades, comme emportés d’un même courant galvanique, se saisissaient par la main, formaient des chaînes immenses, tournaient, tournaient, à mourir. Les regardants riaient d’abord, puis, par contagion, se laissaient aller, tombaient dans le grand courant, augmentaient le terrible cœur. Que serait-il arrivé si le mal eût persisté, comme fit longtemps la lèpre dans sa décadence même ? C’était comme un premier pas, un acheminement vers l’épilepsie. Si cette génération de malades n’eût été guérie, elle en eût produit une autre décidément épileptique. Effroyable perspective ! L’Europe couverte de fous, de furieux, d’idiots ! On ne dit pas comment ce mal fut traité, et s’arrêta. Le remède qu’on recommandait, l’expédient de tomber sur ces danseurs à coups de pied et de poing, était infiniment propre à aggraver l’agitation et la faire aboutir à l’épilepsie véritable. Il y eut, sans nul doute, un autre remède, dont on ne voulut pas parler. Dans le temps où la sorcellerie prend son grand essor, l’immense emploi des Solanées, surtout de la belladone, généralisa le médicament qui combat ces affections. » (La sorcière, p. 111-112).

Cette description est très intéressante parce qu’elle insiste sur le caractère collectif de cette étrange maladie, constituant ce « terrible cœur », un collectif généré par de la contagion ou de la propagation, comme dans les rituels de possession auxquels elle ressemble à s’y méprendre. Une autre chose intéressante, c’est la filiation d’avec l’épilepsie. Michelet fait ici l’hypothèse d’une espèce d’organisation hiérarchique des troubles : si on laisse la danse de Saint Guy persister, voire si on l’aggrave par les coups, elle dégénère en épilepsie. Enfin, Michelet nous intéresse parce qu’il évoque les remèdes, et ici on est très proche de la manière contemporaine de faire, qui administre, comme au XIVème siècle, des médicaments neuroleptique :

Aujourd’hui, essentiellement l’aripiprazole, commercialisé sous la marque Abilify®, est le sixième, et le plus récent, des neuroleptiques antipsychotiques atypiques Il est utilisé dans le traitement de la schizophrénie. Il est, de plus, utilisé dans le traitement de la manie aiguë et des épisodes mixtes associés aux troubles bipolaires (Wikipedia).

Jadis, on employait les « Solanées » (faute de l’édition ou évolution de l’orthographe ? Je ne trouve aujourd’hui que des « Solanacées »), immense famille recouvrant plus de 2500 espèces de plantes, dont un sous-groupe, les « Solonacées vireuses », contiennent des alcaloïdes, utilisés depuis des siècles pour leurs propriétés psychotropes : jusquiame, belladone, datura, mandragore, tabac… « La belladone est un calmant et un puissant antidouleur (à cause de l’atropine qu’elle contient) et fut donc utilisée pour insensibiliser des malades (souvent pour une opération chirurgicale), elle continue à être utilisée dans la médecine moderne. » (Wikipedia).

Danse de Saint Guy et chorée de Sydenham

Aujourd’hui, l’expression Danse de Saint-Guy ne correspond pas à la maladie de Huntington mais à la Chorée de Sydenham, maladie rhumatismale, qui touche les enfants de 5 à 15 ans, qui est la conséquence d’une infection du système nerveux central, et qui se soigne avec de la pénicilline. Andy Warhol en a d’ailleurs souffert : « En 1937, il est alors atteint de la maladie de la danse de Saint Guy. Souvent alité durant sa maladie, il est mal-aimé dans son école, et passe la majorité de son temps avec sa mère avec qui il tisse un lien très fort. Lorsqu’il est confiné à son lit, Andrew dessine, écoute la radio et collectionne des photos de stars de cinéma. Plus tard, Warhol décrira cette période comme très importante dans son développement personnel et celui de ses goûts. En 1942, Andrew qui a alors 14 ans perd son père après trois ans de maladie. » (Wikipedia). (Ici, petit tortillon vers mes chers alités !)

Lecture de l’article « Le mal de Saint vit (ou Saint Guy) », de Claire Biquard, chercheur à l’EHESS (toutes les citations qui suivent sont tirées de cet article que j’ai trouvé sur le net et qui a été publié dans le Bulletin d’histoire de la médecine en 2001).

Il y a quelque chose d’un petit peu confus dans toute cette histoire de Saint Guy, double plus que confus, qui selon moi sonne d’ailleurs plus juste qu’autre chose : saint Guy fut le saint patron invoqué pour soigner les danses de saint Guy, mais on ne sait pas bien s’il n’était pas lui-même à l’origine des troubles :

« C’était, croyait-on, un mal que saint Guy avait le pouvoir de guérir mais aussi d’infliger. Ce saint est caractérisé par l’ambivalence. L’aspect maléfique du saint, son pouvoir d’infliger la maladie transparaît dans des formules de malédiction qui étaient très usitées autrefois : « Que Dieu t’envoie saint Guy », « Que saint Guy t’invite à danser » ou « Puisse saint Guy t’affecter ». Cette dernière formule se trouve fréquemment chez les auteurs alsaciens des XVème et XVIème siècles. » (…) « La croyance au « mal de saint », attestée dans toute l’Europe, fait référence à un double pouvoir du saint sur la maladie qui porte son nom. Etant le seul à pouvoir guérir ce mal, il peut aussi le provoquer ou l’infliger ».

« L’appellation « danse de saint Guy » est ancienne. Elle désigna tout d’abord l’ancienne danse curative du solstice maintenue lors de la fête de saint Guy. Cependant, pendant longtemps, elle fut utilisée pour désigner des phénomènes divers dans lesquels on trouvait des mouvements choréiformes (ainsi le mal de saint Vit et, à partir de 1518, les épidémies de danse du Moyen Age). Puis les médecins l’appliquèrent à toutes les affections qui donnaient lieu à des gestes convulsifs même si ceux-ci ne rappelaient pas les mouvements des danseurs[^1]. Aujourd’hui la « danse de saint Guy » désigne une affection bien connue médicalement: la chorée de Sydenham. C’est une maladie de nature infectieuse ayant des relations avec le rhumatisme articulaire aïgu et qui atteint surtout l’enfant. Les phénomènes recouverts par la danse de saint Guy ont été analysés et précisés pour la première fois par P. Diepgen, Deutsche Volksmedizin, wissenschaftliche Heilkunde und Kultur, Stuttgart, 1935. »[^2]

Danse de Saint Guy, tarentisme et rites de possession

On trouvait la danse de saint Guy, la maladie comme les processions dansantes (l’article parle même de « danses médicales ») et curatives en Europe et particulièrement en Bavière dans le Moyen âge, mais il semble qu’il y ait un parallélisme/translation possible d’avec ce qui se passait en Italie avec la Tarentelle. Ernesto de Martino fait lui même le parallèle, dans La terre du remord> (et ce d’autant plus que les origines de Guy sont siciliennes ? En Italie, Saint Guy était d’ailleurs très populaire et on avait recours à lui pour les morsures, notamment de chiens enragés). Or, pour de Martino comme pour les ethnologues et ethnomusicologues Lapassade et Rouget, le « tarentisme » est un rite de possession comparable aux rites africain et afro-américains.

« Dans le rituel dédié à saint Guy, les malades ont recours à la transe pour communiquer avec le saint et pour l’apaiser. C’est un rite de transe communielle, qui n’est pas sans évoquer celui des Aissaouas au Maroc, par exemple. Sa finalité est thérapeutique. » (je souligne).

Sur la « conversion » d’un mal en remède, schéma que l’on retrouve si souvent dans les observations ethnopsy : une forme de possession par un être (pour aller très vite), qui trouve sa résolution dans l’instauration d’un culte vis à vis de l’être en question. Claire Biquard, dans son article, montre qu’elle ne croit pas à la thèse selon laquelle les danseurs de Saint Guy aient pu souffrir d’autres maux que psychosociaux, lors de certains « moments critiques de leurs existences » : « Il est possible, néanmoins, que l’on ait tenté d’agir par les danses sur des malades atteints d’une maladie neurologique ou psychique déterminée. Mais, dans ce cas, cette thérapie n’aurait pu donner les résultats constatés par les médecins qui avaient observé les danseurs de saint Guy. ».

Les chorea de Paracelse

On se trouve ici dans la lignée explicative initiée par Paracelse, le célèbre médecin de la Renaissance, pour lequel toutes les maladies pouvaient s’expliquer par des « causes naturelles » :

« “Dans la nature il y a non seulement des maladies qui affligent notre corps et notre santé, mais quantité d’autres qui nous privent de la saine raison, et celles-ci sont les plus graves. En parlant des maladies naturelles et en observant à quel point et combien gravement elles affligent diverses parties de notre corps, nous ne devons pas oublier d’expliquer l’origine des maladies qui privent l’homme de raison, car nous savons qu’elles viennent du caractère de l’homme. Aujourd’hui le clergé d’Europe attribue ces maladies à des êtres fantomatiques et à des esprits triples; nous ne sommes pas enclins à les croire. Car la nature prouve que de telles explications par des dieux terrestres sont inexactes et, comme nous l’allons montrer dans ces chapitres, que la nature est l’unique origine de ces maladies ». » Paracelse, dans Henri H. Sigerist (ed.), Quatre traités de Paracelse, traduction et introductions de C. L. Temkin, G. Rosen, G. Zilboorg et H. Sigerist, Baltimore, 1941.

Pour Paracelse, il ne fallait pas donner le nom d’un Saint à une maladie, il trouvait cela non seulement absurde mais païen, et de ce fait susceptible de déplaire à Dieu.

« À cet égard, il peut être comparé à Hippocrate dépossédant les dieux de tout rôle dans l’origine de l’épilepsie. » « Afin de soustraire le mal de saint Vit de toute connotation religieuse, Paracelse lui donna l’appellation générique de chorea. >Il distinguait trois formes de la maladie et prescrivait un traitement approprié à chacune d’entre elles : – La chorea vitista était selon lui la maladie d’origine. Elle avait hérité son nom de saint Vit qui était supposé infliger la maladie. Il l’appelait aussi chorea imaginativa, aestimativa car elle était le fruit de l’imagination et de la suggestion. – La chorea lasciva était provoquée par des désirs sensuels et affectait plus les hommes que les femmes en raison de leur plus grande force imaginative et de leur tempérament. – La chorea naturalis avait pour origine des causes corporelles » Henri H. Sigerist, Quatre traités… p. 181-182.

[^1]: Et c’est ici, dans cette zone trouble du tout convulsif, que s’est glissée la maladie de Huntington. D’où la confusion qui a longtemps perduré et qui continue de perdurer quelque fois entre Danse de Saint Guy et Maladie de Huntington. Sans doute est-ce pour distinguer encore mieux les deux maladies que l’on a cessé de désigner par chorée la maladie de Huntington.

[^2]: C’est le texte fondateur de la Chorée de Sydenham, le pendant du texte de George Huntington de 1872.

Alice Rivières

SOMMAIRE

Mohamed Ali : quel lien entre la boxe et la maladie de Parkinson ?

Une femme découvre que la maladie de Parkinson a une odeur

Stimulation Cérébrale Profonde et Stimulation lumineuse Infrarouge

Potential treatment for Parkinson disease discovered

Maladie de Parkinson et ruptures de soins / Enquête France Parkinson

"Causes professionnelles de la maladie de Parkinson"

Deux pesticides augmentent le risque de Parkinson 

Il joue du violon pendant son opération du cerveau

Histoire du Traitement de 1817 à aujourd'hui

La cuillère autostabilisatrice aide les parkinsonniens 

Laser Cane    La canne laser pour le freezing

L'interview du Professeur Benabid par le Professeur Pierre Pollack

Collection de prix pour un neurochirurgien français

Le Lasker 2014 au Pr Alim-Louis Benabid 

Il joue du violon pendant son opération du cerveau

La stimulation cérébrale profonde

A case of rasagiline-induced spontaneous orgasms in a female patient / Ce traitement anti-Parkinson qui provoque des orgasmes spontanés 

Parkinson : mode d'emploi

Un nouveau traitement contre la maladie de Parkinson?

Les résultats prometteurs de la thérapie génique

Parkinson : un composé du safran bloque la maladie in vitro/Curcumin Prevents Aggregation  in alpha-synuclein by increasing reconfiguration rate

Trouver le bon rythme pour soigner le Parkinson

Motilium: prévenir le risque ... augmente le risque de moins bien traiter la maladie de Parkinson !

Réévaluation en cours du rapport bénéfice/risque des spécialités à base de dompéridone - Point d'information 

Souvenir de Pierre CÉSARO

Deux pesticides augmentent le risque de Parkinson

Genes and environment in the pathogenesis of Parkinson’s disease

Quelle place pour l'environnement dans l'étiologie de la maladie de Parkinson

Parkinson une maladie professionnelle ?

Primperan et ses génériques (métoclopramide) : Actualisation des indications et de la posologie pour diminuer le risque d’effets indésirables - Point d’Information

Tableau n° 58 – Maladie de Parkinson provoquée par les pesticides

Mohamed Ali : quel lien entre la boxe et la maladie de Parkinson ?

La légende de la boxe, Mohamed Ali, est décédée vendredi 3 juin 2016 à l'âge de 71 ans. Il se battait depuis plus de trente ans contre la maladie de Parkinson.

Mohamed Ali au cours du
 célèbre combat contre George Foreman en 1974. ©AFP
 
Mohamed Ali au cours du célèbre combat contre George Foreman en 1974. 
 

La légende de la boxe, Mohamed Ali, est décédée vendredi 3 juin 2016 à l'âge de 71 ans. C'est un choc septique (insuffisance circulatoire aiguë) provoqué par des causes naturelles non précisées qui a eu raison du boxeur, selon le porte-parole de la famille au cours d'une conférence de presse samedi 4 juin 2016. Il se battait depuis plus de trente ans contre la maladie de Parkinson, diagnostiquée l'année de ses 42 ans.

Un lien qui paraît inévitable

Le lien de cause à effet entre les 61 combats professionnels de Mohamed Ali et la survenue précoce de sa maladie de Parkinson, diagnostiquée l'année de ses 42 ans, paraît inévitable aux yeux des médecins. "On ne peut rien affirmer de péremptoire mais il y a quand même de fortes suspicions", estime pour l'AFP le docteur André Monroche, médecin de la confédération des sports de contact et arts martiaux. "On sait aujourd'hui que les chocs répétés altèrent les cellules nerveuses, surtout sur un cerveau qui n'a pas été mis au repos." Plus direct, le docteur Jean-François Chermann, s'embarrasse peu de précautions. Dans un livre paru en 2010, "KO, le dossier qui dérange", ce neurologue de l'hôpital parisien Leopold-Bellan racontait ainsi que Mohamed Ali, "à la fin de ses entraînements, baissait sa garde et demandait à son sparring-partner de lui mettre des coups à la tête pour montrer qu'il était le plus fort. Il y a un lien entre sa maladie actuelle et ce genre de pratiques", jugeait-il.

En 1984, lorsque les médecins diagnostiquent la maladie de Parkinson chez la légende des lourds fraîchement retraitée, la boxe est inévitablement stigmatisée. Ne parle-t-on pas d'ailleurs à l'époque de "démence pugilistique" ? Trente ans plus tard, l'épidémiologie des sports de contact permet d'élargir le tableau. Environ 30% des boxeurs développent après leur carrière des troubles neurologiques selon le Dr Chermann. "Plus on prend de KO, dit-il, plus les risques sont élevés. Les amateurs ne sont pas épargnés. Ils font plus de combats, sont moins suivis et travaillent moins leur défense que les pros", note-t-il.

Syndrome du second impact

Mais le KO n'est que le plus spectaculaire des traumatismes. La partie émergée de l'iceberg des commotions cérébrales, également fréquentes dans le rugby mais aussi le football, le hockey sur glace, le ski, le handball, le judo, l'équitation, la gymnastique etc. "C'est beaucoup moins spectaculaire que la boxe où l'on voit les traumatismes en direct", reprend le Dr Monroche "mais ce n'est pas anodin. La répétition des traumatismes et des chocs, ce peut être aussi un footballeur qui joue beaucoup de la tête. En boxe, il y a un arbitre, dans d'autres disciplines, personne ne peut intervenir." La multiplication des chocs altère en effet l'entourage des cellules nerveuses, ou "protéine tau", et empêche ainsi la cellule de fonctionner normalement. Cette tauopathie est d'ailleurs l'un des principaux marqueurs de la maladie de Parkinson. En France, le rugby a pris les choses en main au milieu des années 2000 et établi en 2013 un véritable suivi neurologique des joueurs professionnels. Aux États-Unis, le football américain et le hockey-sur-glace sont extrêmement surveillés sur ce plan. Depuis la fin de la carrière de Mohamed Ali, les recherches ont également repéré des populations plus exposées (les jeunes, les femmes) et démontré l'absolue nécessité de la mise au repos pendant au moins cinq jours d'un cerveau traumatisé, commotionné, pour éviter le "syndrome du second impact", responsable de plusieurs dizaines de décès de sportifs chaque année. Beaucoup mieux suivis, les boxeurs d'aujourd'hui ne sont pas à l'abri mais ils sont informés.

Une femme découvre que la maladie de Parkinson a une odeur

 

 
 
À l'aide de son seul nez, cette Écossaise a été capable de poser un diagnostic correct sur 12 personnes, certaines malades, d'autres pas.

 

Des chercheurs vont tenter de confirmer qu'il est possible de diagnostiquer la maladie de Parkinson à partir d'odeurs corporelles, sur la base du témoignage d'une Britannique dotée d'un «supernez» affirmant qu'elle a «senti» cette maladie dégénérative sur son mari.

Joy Milne et son mari Les, aujourd'hui décédé.
Joy Milne et son mari Les, aujourd'hui décédé.

Joy Milne, 65 ans, a expliqué aux médias britanniques avoir remarqué un changement de l'odeur de son mari, Les, plusieurs années avant qu'il ne développe les symptômes de la maladie neurologique dégénérative. «Son odeur a changé de façon subtile 5 ou 6 ans avant sa mort, c'est difficile à décrire. C'était une odeur musquée. Mais comme il travaillait comme anesthésiste et qu'il peut faire chaud au bloc, je pensais qu'il transpirait juste davantage», a-t-elle expliqué à la BBC.

Joy Milne s'est rendu compte de la spécificité de cette odeur en la sentant sur d'autres malades rencontrés via la fondation Parkinson UK. «J'ai toujours eu un très bon sens de l'odorat. J'ignorais que cela n'avait pas été identifié avant», a-t-elle ajouté.

Un essai à venir

Pour vérifier l'hypothèse, des chercheurs investis dans la fondation ont demandé à Joy de classer 12 tee-shirts qui avaient été portés toute une journée par 6 personnes malades et 6 personnes «saines». À l'issue du test, Joy avait identifié à l'aveugle 5 personnes saines et 7 malades. Joli score, donc, mais pas parfait. Sauf que 8 mois plus tard, la personne saine identifiée comme malade par Joy rappelait l'équipe pour dire qu'elle avait à son tour été diagnostiquée comme parkinsonienne, rapporte la BBC.

Cette expérience a donné lieu au lancement cette semaine d'un projet de recherche de la fondation Parkinson UK pour établir si la maladie et l'odeur sont liées. Les chercheurs s'interrogent notamment sur une possible modification du sébum causée par la maladie. L'étude portera sur 200 personnes, certaines souffrant de Parkinson et d'autres pas. Leurs prélèvements seront analysés au niveau moléculaire, et «respirés» par Joy Milne et une équipe d'experts de l'odorat issue de l'industrie alimentaire.

Nez électroniques

«Nous sommes dans les prémisses de la recherche, mais s'il est prouvé qu'il y a une odeur unique associée à la maladie de Parkinson, notamment aux origines de la maladie, cela pourrait avoir un impact énorme», estime Arthur Roach, le directeur de recherche de la fondation. «Pas seulement pour les diagnostics précoces. Cela rendrait aussi beaucoup plus facile l'identification des malades et les tests de médicaments», a-t-il fait valoir. La maladie de Parkinson touche une personne sur 500 et entraîne une perte progressive de neurones, induisant tremblements et lenteur des mouvements. Aucun médicament ne permet actuellement d'en guérir.

Baser le diagnostic médical sur l'odorat n'est pas une idée nouvelle. Il a déjà été prouvé que des chiens dressés sont capables de «renifler» une tumeur de la prostate avec beaucoup de précision. De la même manière, plusieurs dispositifs, baptisés «nez électroniques» sont en développement pour détecter des micro-particules volatiles émanant de cancers du poumon, de l'estomac, du côlon ou du sein, émises par le souffle.

Pauline Fréour  10/2015

Stimulation Cérébrale Profonde et Stimulation lumineuse Infrarouge

Alim-Louis Benabib

à l'Académie des Sciences le 3 Mars 2015

conférence intégrale de 1h15

http://public.weconext.eu/academie-sciences/2015-03-03/video_id_000/index.html

 

Parkinson: soigner les neurones par la lumière

 
Des neuroscientifiques testent une méthode qui permettraient d'éviter la dégénérescence des neurones dopaminergiques impliquées dans la maladie de Parkinson.

 

Et si l'on parvenait à protéger les neurones des malades de Parkinson, pour éviter leur dégénérescence? Ce n'est encore qu'un rêve de chercheurs: les traitements disponibles, qu'il soient chimiques ou chirurgicaux, ne savent qu'améliorer la triade des symptômes (tremblements, akinésie, rigidité des membres…). Mais la maladie continue d'avancer, masquée, tant que perdure sa cause.

Père de la stimulation cérébrale profonde, devenue l'un des traitements de référence dans la maladie de Parkinson, le Pr Alim Louis Benabid espère être «sur le point de faire une avancée majeure dans ce domaine», a-t-il annoncé en mars à l'Académie des Sciences. «Attention, avertit cependant le neurochirurgien. Il ne faut pas donner d'espoir prématuré aux malades, on est là très en amont d'un éventuel nouveau traitement.»

Infrarouges

Le possible saint-Graal se cache dans la lumière infrarouge. «On sait qu'elle peut protéger ou améliorer la santé de certains tissus ou cellules malades», explique Alim Louis Benabid. Pourrait-on, en illuminant les cellules productrices de dopamine qui dégénèrent dans Parkinson, les protéger pour ralentir les ravages de la maladie? La technique est étudiée à l'institut de recherche grenoblois Clinatec, en collaboration avec le Pr John Mitrofanis (Université de Sydney).

L'équipe du neuroscientifique australien a d'abord testé le pouvoir des infrarouges sur des souris ayant reçu une toxine permettant de «mimer» chez elles un Parkinson. Non seulement les souris dont le cerveau avait été irradié exprimaient moins de symptômes que celles ayant reçu la toxine, mais pas la lumière, mais en sus l'autopsie montrait que la dégénérescence des cellules dopaminergique était moindre dans leur cerveau. Les équipes du Pr Benabid ont ensuite, à Grenoble, confirmé ces résultats sur d'autres modèles, en particulier le rat.

Une fibre optique implantée

Il y a cependant un pas de la souris à l'homme. Notamment l'épaisseur des tissus à traverser: chez les rongeurs, la lumière infrarouge délivrée de façon externe parvient à atteindre les neurones cibles situées à un ou deux centimètres seulement du crâne ; mais chez l'homme, il faut illuminer des cellule enfouies à plus de 10 centimètres de profondeur. Les scientifiques de Clinatec ont donc développé un système qui permet de diffuser la lumière directement dans la zone lésée, par l'intermédiaire d'une fibre optique implantée.

«Nous avons testé ce dispositif chez des singes», explique Alim Louis Benabid. Et comme chez les souris, les singes traités avec l'infrarouge montraient une nette diminution des symptômes puis, lors d'autopsies pratiquées 3 semaines à un mois après l'opération, une moindre dégénérescence neuronale.

Reste à tester la technique chez son destinataire final. «Nous sommes en train de rédiger notre protocole de recherche clinique», détaille le Pr Benabid. Lorsque toutes les autorités auront donné leur accord, les tous premiers essais de tolérance pourront démarrer chez l'homme. «La méthode est susceptible d'apporter une solution à un problème non résolu, la neuroprotection des malades de Parkinson. Mais avant de pouvoir envisager de l'appliquer à une large échelle, le processus de recherches sera encore long», conclut-il.

Soline Roy 04/2015


 

 

Potential treatment for Parkinson disease discovered

Maladie de Parkinson et ruptures de soins / Enquête France Parkinson

 

 
Les traitements contre cette affection neurologique entraînent des effets secondaires parfois handicapants.

 

Avec 25.000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année, la maladie de Parkinson n'est pas une pathologie rare. Cette affection neurodégénérative se traite bien, mais au prix d'effets secondaires parfois difficilement supportables. Résultat: ils sont la première cause de ruptures de soins, comme le révèle une étude menée par France Parkinson à l'occasion de la Journée mondiale dédiée à cette maladie, le 11 avril.

Une personne malade sur trois affirme avoir déjà interrompu son traitement et dans 45 % des cas cette rupture était liée aux effets secondaires, devant l'aggravation de la maladie, l'apparition d'une autre maladie et un deuil, selon ce sondage. «La maladie est très handicapante et c'est pourquoi nous sommes prêts à supporter les inconvénients des médicaments», raconte Danielle Vilchien, malade et membre de l'association de France Parkinson. Mais ce choix n'est pas toujours facile. «J'endure des effets secondaires gastro-intestinaux très pénibles car mon objectif est de continuer à marcher, poursuit-elle. Mais un de mes proches a préféré arrêter. Il prenait le même médicament que moi, et il a développé un délire de persécution qui l'a mené au bord du suicide. Aujourd'hui, il est plus handicapé que moi alors que sa maladie est plus récente.»

Ce témoignage illustre toute la problématique de la maladie et de sa prise en charge: trouver le médicament adapté et à la bonne dose pour chaque malade.

Accros aux jeux

La maladie de Parkinson est caractérisée par la destruction de neurones, spécialisés dans la fabrication de dopamine, un neurotransmetteur indispensable au contrôle des mouvements du corps. Le tremblement est le symptôme le plus connu mais il en existe bien d'autres tout aussi invalidants comme la lenteur du mouvement, la sensation de raideur, les difficultés à écrire ou encore les douleurs. Le traitement va consister à fournir au cerveau la dopamine nécessaire. «C'est un traitement de substitution, comme l'insuline chez le diabétique. La L-Dopa qui va rétablir les concentrations en dopamine est bien supportée. Mais son dosage n'est pas toujours bien adapté, d'autant plus que sa durée d'action est faible», explique le professeur Yves Agid, neurologue à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière à Paris. Les prises de médicaments se font plusieurs fois par jour, à heures fixes, ce qui n'est pas simple à gérer. Puis, au bout de cinq ou huit ans de traitement, la L-Dopa va être responsable de mouvements incontrôlés ou dyskinésie.

Les agonistes dopaminergiques, autre classe de médicaments également prescrite dans la maladie de Parkinson sont moins fréquemment à l'origine de dyskinésie mais ils ne sont pas pour autant dénués d'effets secondaires. Ces molécules ont défrayé la chronique et été au centre de procès car les malades étaient devenus accros aux jeux, au sexe… «15 % des patients sous ces traitements sont concernés. Ces troubles de contrôle de l'impulsion sont le prix à payer pour l'effet psychostimulant bénéfique de ces molécules», explique le professeur Philippe Damier, neurologue au CHU de Nantes.

Comme le rappellent les spécialistes, la prise en charge de la maladie nécessite du savoir-faire et du doigté pour naviguer entre le handicap lié à la maladie et les effets secondaires des traitements. Notamment chez des gens encore actifs. Car contrairement à une idée répandue, la maladie touche de «jeunes seniors» puisqu'elle débute en moyenne à 58 ans.

 Anne Prigent - 04/2015


 

"Causes professionnelles de la maladie de Parkinson"

 
Jacques Reis aux JNLF 2015 de Marseille
 
 
Tableau n° 58 – Maladie de Parkinson provoquée par les pesticides
 
Désignation
de la maladie
Délai de prise
en charge
Liste indicative des principaux travaux susceptibles de provoquer cette maladie
Maladie de Parkinson confirmée par un examen effectué par un médecin spécialiste qualifié
en neurologie.
1 an
(sous réserve
d'une durée
d'exposition
de 10 ans).
Travaux exposant habituellement aux pexticides :
- lors de la manipulation ou l'emploi de ces produits, par contact ou par inhalation ;
- par contact avec les cultures, les surfaces, les animaux traités ou lors de l'entretien des machines destinées à l'application des pesticides .
 
 
 
 
 

Deux pesticides augmentent le risque de Parkinson

Les chercheurs des NIH ont examiné 110 personnes atteintes de Parkinson et un groupe témoin de 358 sujets indemnes sélectionnés parmi une cohorte de 90.000 professionnels (agriculteurs, jardiniers…) utilisateurs de produits phytosanitaires.

 

  L'un des deux, la roténone, est un insecticide naturel utilisé en agriculture biologique.   Des chercheurs américains des Instituts nationaux de la santé (NIH) viennent de publier une étude dans la revue Environmental Health Perspectives montrant que les personnes exposées au cours de leur vie à la roténone ou au paraquat, deux pesticides, ont plus de risques que les autres de développer un jour la maladie de Parkinson, une affection neurodégénérative. Or si le paraquat est un herbicide synthétique dont la dangerosité, notamment pour l'homme, est connue depuis des lustres, la roténone est un insecticide «naturel». Extraite de différentes plantes tropicales, comme le roten (Paraderris elliptica), elle est utilisée depuis des décennies en agriculture biologique… De quoi contredire la distinction abusive souvent entretenue dans l'esprit du public entre substances naturelles, présentées comme étant forcément «bonnes» ou inoffensives pour la santé, et produits chimiques, mauvais par définition.

Selon Freya Kamel, coauteur de la publication, «la roténone inhibe directement le fonctionnement des mitochondries». Ces dernières années, plusieurs études ont montré qu'il existe un lien entre la maladie de Parkinson et le dérèglement de ces petites inclusions chargées d'approvisionner les cellules en énergie.

De son côté, le paraquat «accroît la production de certains dérivés d'oxygène qui peuvent avoir des effets néfastes sur les structures cellulaires», ajoute cette scientifique. Les chercheurs des NIH ont examiné 110 personnes atteintes de Parkinson et un groupe témoin de 358 sujets indemnes. Tous avaient été sélectionnés parmi une cohorte de 90.000 professionnels (agriculteurs, jardiniers…) utilisateurs de produits phytosanitaires, ainsi que leurs conjoints, suivis dans le cadre de l'étude FME (Farming and Movement Evaluation). «La maladie de Parkinson est 2,5 fois plus fréquente chez les sujets ayant déclaré avoir utilisé de la roténone», écrivent les auteurs. Le tout, même lorsque l'exposition date de plus de quinze ans avant le diagnostic.

Les «bio» n'ont aucune solution de remplacement 

   S'agissant du paraquat, ils estiment que cette substance «joue un rôle clé dans le déclenchement de la maladie» sans toutefois quantifier le facteur de risque, et alertent les autorités sanitaires sur le fait que cet herbicide, interdit en Europe depuis juillet 2007, reste l'un des plus utilisés dans le monde, notamment dans les bananeraies. Son emploi a toutefois toujours été strictement limité aux agriculteurs.

Ce qui n'est malheureusement pas le cas de la roténone. «Son usage très répandu, jusqu'à encore récemment, tant chez les professionnels que chez les particuliers suggère que beaucoup de gens ont été exposés, s'inquiètent les chercheurs américains. Étant donné que la roténone est extraite de plantes, elle a été considérée comme un pesticide “bio” et a été couramment utilisée comme insecticide domestique, dans les jardins familiaux et l'agriculture, ainsi que pour tuer les poissons.  » En particulier les espèces envahissantes qui prolifèrent dans les étangs de pisciculture.

En Europe, elle a été retirée du marché en octobre 2008 mais les agriculteurs bénéficient jusqu'en avril 2011 d'une dérogation pour l'utiliser encore sur la vigne (contre la flavescence dorée) et certains arbres fruitiers. «La roténone a longtemps été utilisée en bio parce que c'est une substance très peu rémanente dans l'environnement, mais à l'époque où nous l'avons introduite dans nos cahiers des charges personne ne savait qu'elle pouvait être toxique pour l'homme lors de son application», se défend Monique Jonis, de l'Institut technique de l'agriculture biologique.

Pour l'heure, les «bio» n'ont aucune solution de remplacement pour protéger leurs cultures. Sauf peut-être le pyrèthre, une autre substance naturelle en attente d'homologation. Une situation qui embarrasse certaines ONG. Comme le remarque Gil Rivière, dans la revue Agriculture et environnement, le dernier document de l'association Générations futures, portant sur les dérogations dont bénéficient certains pesticides interdits dans l'Union européenne, ne fait nullement mention de la roténone et de ses propriétés neurotoxiques. 

    Marc Mennessier


 

Il joue du violon pendant son opération du cerveau

 

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Pour aider les chirurgiens à localiser la partie du cerveau où ils devaient lui poser un implant, ce musicien américain a du jouer du violon pendant son opération. 

Un patient qui joue du violon pendant qu'on l'opère, voilà une scène incroyable mais vraie ! Roger Frish, violoniste américain reconnu souffrait de tremblements dès qu'il se mettait à jouer. En 2009, les médecins lui expliquent que la partie de son cerveau qui contrôle les mouvements, envoie des signaux défectueux à son corps. Pour le soigner, l'équipe médicale propose à Roger Frisch, une intervention expérimentale appelée "Deep Brain Stimulation" ( en français une stimulation du cerveau en profondeur).

Des électrodes pour stimuler le cerveau malade

Cette opération consiste à placer dans le cerveau des électrodes pour contrôler la partie malade du cerveau. Seulement, pour voir si les électrodes sont bien placées, il faut que le patient soit pris de tremblements. Un détecteur relié à un ordinateur a été posé sur l'archer pour que les médecins voient quand les tremblements avaient lieu. Une fois l'intervention terminée, il suffisait à Roger Frisch d'appuyer sur le bouton relié aux électrodes pour stimuler son cerveau et arrêter les tremblements.

L'intervention semble avoir été un succès. Trois mois plus tard le musicien a repris sa carrière sans aucun tremblement. 


 

Histoire du Traitement de 1817 à aujourd'hui

Fève des marais (Vicia
faba): ce haricot vert
contient de la L-dopa

http://pdf.lu/BQGO


 

 

La cuillère autostabilisatrice aide les parkinsonniens

 www.youtube.com/embed/fS01kn6YJ94

 www.youtube.com/embed/CcqoZWpbe54

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11/2014  Marc Zaffagni  

Par le biais de la société nord-américaine Lift Labs qu’il a récemment acquise, le géant Google débute la commercialisation d’une cuillère électronique qui va aider les personnes souffrant de tremblement essentiel ou de la maladie de Parkinson. Dotée de capteurs et pilotée par des algorithmes, elle détecte le niveau des tremblements et se stabilise pour les atténuer jusqu’à 70 %.

Cette cuillère au manche élargi est bardée d’électronique et d’algorithmes servant à stabiliser les tremblements d’une
 personne. Mise au point par une entreprise qui vient d’être rachetée par Google, l'ustensile se destine aux millions de sujets souffrant de tremblement essentiel ou de la maladie de Parkinson. © Lift LabsCette cuillère au manche élargi est bardée d’électronique et d’algorithmes servant à stabiliser les tremblements d’une personne. Mise au point par une entreprise qui vient d’être rachetée par Google, l'ustensile se destine aux millions de sujets souffrant de tremblement essentiel ou de la maladie de Parkinson. 

Après les lentilles de contact conçues pour mesurer la glycémie et les polules pour déceler le cancer, Google investit un autre domaine de la santé. L’entreprise américaine a l’ambition d’améliorer la vie de personnes souffrant de tremblements, lesquels sont très handicapants, notamment au moment des repas. Lift Labs, une start-up rachetée par Google en septembre dernier, vient de lancer sur le marché une cuillère « intelligente », capable d’atténuer 70 % des tremblements de la main qui la tient. Liftware est vendue par Internet au tarif de 295 dollars (environ 236 euros) somme à laquelle il faut ajouter entre 30 et 40 euros pour une expédition vers l’Europe.

L'ustensile se présente sous la forme d’un gros manche en plastique qui renferme une plateforme électronique faite de capteurs de mouvement, d’un microcontrôleur, d’un micromoteur électrique et d’une batterie. Des algorithmes évaluent l’intensité du tremblement et commandent un mouvement qui permet de l’atténuer. L’appareil dispose d’une autonomie comprise entre trois et six repas. La Liftware est livrée avec un embout de cuillère à soupe, mais l’on peut aussi acheter en option une fourchette et une cuillère à café. Lift Labs indique que d’autres accessoires seront proposés au fur et à mesure.


Le système de stabilisation des tremblements contenu dans la cuillère Liftware démontre ici son efficacité. Durant des essais cliniques avec des personnes souffrant de tremblement essentiel ou de la maladie de Parkinson, elle a prouvé sa capacité à réduire les tremblements de 70%. 

L’un des fondateurs de Google est personnellement concerné

Plusieurs vidéos montrent des personnes souffrant de tremblements plus ou moins importants se servir de la cuillère pour manger. On constate rapidement l’efficacité du système qui évite de faire tomber les aliments et permet à la personne de libérer son attention… en la soulageant de son stress. Des essais cliniques réalisés aux États-Unis ont fait l’objet d’une publication dans la revue Movement Disorders.

« Nous voulons aider les gens dans leur vie quotidienne dès aujourd’hui et espérons faire progresser la compréhension de la maladie sur le long terme », a déclaré un porte-parole de Google. Si le tremblement essentiel et la maladie de Parkinson affectent plus de 10 millions de personnes à travers le monde, ce projet a aussi un intérêt tout personnel pour Sergey Brin, l’un des deux fondateurs de la compagnie. Sa mère souffre en effet de cette pathologie et il a révélé qu'il est lui-même affecté par les mêmes mutations génétiques pouvant aboutir à la maladie de Parkinson. Il a par ailleurs fait un don de 50 millions de dollars à la recherche consacrée à cette maladie neurologique.

 

A noninvasive handheld assistive device to accommodate essential tremor: A pilot study

  1. Anupam Pathak PhD, 
  2. John A. Redmond PhD, 
  3. Michael Allen and
  4. Kelvin L. Chou MD*

 

ABSTRACT

Background

We explored whether a noninvasive handheld device using Active Cancellation of Tremor (ACT) technology could stabilize tremor-induced motion of a spoon in individuals with essential tremor (ET).

Methods

Fifteen ET subjects (9 men, 6 women) performed 3 tasks with the ACT device turned on and off. Tremor severity was rated with the Fahn-Tolosa-Marin Tremor Rating Scale (TRS). Subjective improvement was rated by subjects with the Clinical Global Impression Scale (CGI-S). Tremor amplitude was measured using device-embedded accelerometers in 11 subjects.

Results

TRS scores improved with ACT on (versus off) in all 3 tasks: holding (1.00 ± 0.76 vs. 0.27 ± 0.70; P = 0.016), eating (1.47 ± 1.06 vs. 0.13 ± 0.64; P = 0.001), and transferring (1.33 ± 0.82 vs. 0.27 ± 0.59; P = 0.001). CGI-S improved with eating and transferring, but not the holding task. Accelerometer measurements demonstrated 71% to 76% reduction in tremor with the ACT device on.

Conclusions

This noninvasive handheld ACT device can reduce tremor amplitude and severity for eating and transferring tasks in individuals with ET. © 2013 International Parkinson and Movement Disorder Society


 

 

Laser Cane La canne laser pour le freezing

 

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www.youtube.com/embed/GN2Yxzymuu4

 

proposé par Evelyne Planque

 


 

L'interview du Professeur Benabid par le Professeur Pierre Pollack

Collection de prix pour un neurochirurgien français

Alim Louis Benabid (au centre) est félicité par le cofondateur de Google Sergey Brin, dimanche en Californie. (A gauche, Anne Wojcicki, cofondatrice de23andMe.)

 

Soline Roy      11/2014
 
Le Pr Alim Louis Benabid, inventeur d'un traitement de référence contre la maladie de Parkinson, a reçu le plus lucratif des prix scientifiques (3 millions de dollars), trois mois après avoir gagné le prestigieux prix Lasker.

 

Un prix de trois millions de dollars et une seconde récompense prestigieuse en l'espace de trois mois. Le Pr Alim Louis Benabid, découvreur de la stimulation cérébrale profonde dans le traitement de la maladie de Parkinson, vient de remporter le 2015 Breakthrough Prize in Life Sciences après avoir reçu, en septembre, le prix Lasker de la recherche médicale, considéré comme l'antichambre du Nobel.

Les Breakthrough Prize récompensent chaque année des découvertes en physique fondamentale, sciences de la vie et mathématiques. Avec trois millions de dollars de dotation pour chaque lauréat, il s'agit des plus lucratifs prix scientifiques. Le prix pour les sciences de la vie a été créé en 2013 par Sergey Brin (cofondateur de Google) et Anne Wojcicki (cofondatrice de l'entreprise de génétique 23andMe), Mark Zuckerberg (PDG de Facebook) et son épouse Priscilla Chan, et Yuri Milener (capital-risqueur) et son épouse Julia. Il a distingué cinq autres chercheurs outre le Pr Benabid.

Sérendipité

«C'est toujours agréable, cela signifie que les gens considèrent que ce que vous avez fait en valait la peine», souriait le neuroscientifique en septembre, lorsque " Le Figaro  " l'avait rencontré pour son prix Lasker. Il y voyait, aussi, un moyen de promouvoir Clinatec, un centre de recherche grenoblois qui réunit des scientifiques issus d'horizons très divers, pour mettre au point des traitements innovants.

La stimulation cérébrale profonde consiste à faire «taire», au moyen d'un courant électrique, une zone cérébrale responsable des tremblements générés par la maladie de Parkinson. Devenue un traitement de référence élargie à d'autres pathologies, la technique avait été inventée presque par hasard à la fin des années 1980. Alim Louis Benabid, neurochirurgien à Grenoble, était en train d'opérer un patient. Il s'agissait alors de détruire, avec un courant à très haute fréquence, la zone cérébrale malade. Mais alors qu'il stimulait la zone visée pour s'assurer que c'était bien celle à détruire, le neurochirurgien eu l'idée de varier la fréquence utilisée. Il s'aperçut que les hautes fréquences faisaient cesser le tremblement, sans provoquer de lésions irréversibles. «C'était inattendu mais pouvait avoir une application intéressante: on pouvait traiter, mais sans destruction et avec la possibilité d'ajuster très précisément le traitement.» Depuis, quelques 100.000 malades dans le monde ont pu bénéficier de cette technique.

Fibre optique dans la substance noire

Au sein du Centre de recherche biomédicale Edmond J. Safra Clinatec, créé avec le directeur du CEA de Grenoble Jean Therme et dont il préside le directoire, Alim Louis Benabid veut améliorer sa technique. «La stimulation cérébrale profonde est seulement un traitement symptomatique, elle ne change pas l'évolution de la maladie qui continue à s'aggraver», explique le neuroscientifique. L'idée est désormais d'appliquer à Parkinson une technique utilisant les infrarouges. «On sait qu'ils peuvent traiter des plaies. Pourquoi ne pas les appliquer à Parkinson, et introduire des fibres optiques dans la substance noire?» En collaboration avec des confrères australien, les chercheurs de Clinatec s'efforcent de trouver le moyen de réparer le cerveau grâce à la lumière. Les résultats d'une étude menée chez la souris devraient être publiés prochainement. Le chercheur espère alors être à l'origine d'une «nouvelle révolution».


 

La stimulation cérébrale profonde :

A case of rasagiline-induced spontaneous orgasms in a female patient / Ce traitement anti-Parkinson qui provoque des orgasmes spontanés

A case of rasagiline-induced spontaneous orgasms in a female patient

Ali Ulvi Uca

Parkinsonism and Related Disorders Vol. 20, Issue 8, Pages 929-930

 

Ce traitement anti-Parkinson qui provoque des orgasmes spontanés

 

Dans le film Quand Harry rencontre Sally, de Rob Reiner, il y a LA scène du restaurant où, devant une salle médusée, Sally, incarnée par Meg Ryan, feint l'orgasme pour montrer à un Harry (Billy Cristal) un tantinet gêné que, oui, parfois, les femmes simulent de manière très réaliste – et très sonore aussi. Allez, pour le plaisir, on se la regarde : 

www.youtube.com/embed/TgP46TTgET0  

Autant une telle manifestation d'enthousiasme dans un lieu public peut passer quand il s'agit d'une blague comme dans cette comédie, autant elle peut s'avérer plus qu'embarrassante lorsque la montée au septième ciel est involontaire et intervient sans crier gare. C'est ce qui est arrivé à une Turque, dont le cas très particulier est décrit dans le numéro d'août de Parkinsonism & Related Disorders. Ainsi que le relatent les auteurs de l'article, neurologues à l'université Necmettin Erbakan de Konya (Turquie), cette femme de 42 ans est venue à l'hôpital en se plaignant... d'orgasmes spontanés de 5 à 20 secondes. Spontanés et répétés puisque la chose la prenait à l'improviste de trois à cinq fois par jour.

Si nous étions dans un remake de Quand Harry rencontre Sally, on entendrait, comme à la fin de la scène du restaurant, une dame d'un âge respectable dire : "Donnez-moi la même chose qu'elle..." ("I'll have what she's having", dans la version originale). Mais en réalité, personne ne voudra la même chose que cette Turque car, ainsi que l'explique l'étude, ces orgasmes non voulus étaient un effet secondaire et inédit du médicament qu'elle prenait contre la maladie de Parkinson. Pour comprendre ce qui a bien pu se passer, rappelons que cette maladie neurodégénérative cible la substance noire, une zone du cerveau où sont fabriqués des neurones libérant de la dopamine. Quand ces neurones se mettent à succomber, on observe un déficit de ce neurotransmetteur, déficit qui entraîne plusieurs dysfonctionnements comme par exemple la perte de contrôle progressive des fonctions motrices.

Pour lutter contre les effets de la maladie de Parkinson, la stratégie principale consiste à maintenir un niveau correct de dopamine grâce à des médicaments agissant sur le système nerveux central. Cette femme prenait ainsi de la rasagiline, une molécule qui inhibe certaines enzymes chargées de dégrader les neurotransmetteurs dans le cerveau. En empêchant que la dopamine soit inactivée par ces "nettoyeuses", la rasagiline lui permettait d'être plus longtemps disponible. Le traitement de cette patiente avait commencé dix jours avant qu'elle ne vienne à l'hôpital et, en plus de ses orgasmes intempestifs, cette dame avait noté une surexcitation sexuelle ainsi qu'un Everest de libido (non, l'étude ne dit pas si la dame était mariée ni dans quel état était son éventuel compagnon). Les médecins ont recommandé de cesser temporairement la prise du médicament. Tout est retourné à la normale. Puis ils ont voulu donner à la rasagiline une seconde chance, mais les symptômes ont réapparu et il a fallu abandonner le traitement.

Ce n'est pas la première fois que la rasagiline joue des tours sexuels aux personnes atteintes par la maladie de Parkinson. En 2009, des chercheurs canadiens ont ainsi rapporté le cas d'un homme de 65 ans ayant des éjaculations spontanées, sans même être en érection, toutes les dix minutes pendant une demi-heure... On n'imagine que trop bien les horribles quiproquos qui peuvent s'ensuivre, à la piscine ou à la halte-garderie où l'on va chercher ses petits-enfants. Plus récemment, dans un article paru en mars dans le Journal of Neurosciencedes médecins de Floride racontent l'histoire d'un monsieur de 51 ans souffrant de la maladie de Parkinson et qui, quelques semaines après avoir commencé à prendre de la rasagiline, a connu les affres de l'hypersexualité, "est devenu obsédé par sa vie sexuelle et a commencé à avoir recours à la pornographie, écrit l'étude. Ces comportements ont surpris tant le patient que son épouse, ce qui entraîna des problèmes de couple." Euphémisme, quand tu nous tiens.

Les chercheurs turcs qui ont travaillé sur le cas de la dame aux orgasmes malvenus supposent que c'est le résultat d'une sur-stimulation en dopamine, sans toutefois préciser par quel mécanisme cette surdose mène au nirvana. Ils concluent en disant que des études complémentaires sont nécessaires "pour déterminer la fréquence précise de cet effet indésirable"... Des volontaires ?

 Pierre Barthélémy 


 

Parkinson, mode d’emploi, Docteur Jean-Pierre POLYDOR, Edition L’esprit du temps
Mao, Michel Debré, Albert Jacquart, Mickael J Fox, Jean-Paul II, Cassius Clay, Cavanna, Bernard Buffet, Dali et tant d’autres furent touchés. La maladie de Parkinson est le Poulidor du cerveau : deuxième maladie neuro-dégénérative la plus fréquente après Alzheimer et deuxième cause de handicap moteur chez les seniors après les accidents vasculaires cérébraux. Elle apparait souvent entre 55 et 65 ans, et avant 50 ans pour un malade sur dix !
Le « Parkinson » est la grande inquiétude des personnes qui tremblent. Le livre « Parkinson, mode d’emploi » est destiné aux malades et à leurs proches. Avec une approche pratique, il est écrit avec des mots simples et un ton souvent amusant pour ne pas dramatiser la maladie. Il a pour premier objectif d’amener le malade et son entourage à bien comprendre la maladie, à mieux assumer le quotidien, à se préparer à affronter sans être désemparé. C’est un guide pour la vie de tous les jours, une référence que malade et aidant pourront consulter au chapitre qui les intéresse quand ils seront confrontés à un problème précis. Il donne toutes les informations utiles sur les traitements médicamenteux, la « pompe » à apomorphine, la « pile » (une découverte grenobloise) mais aussi des conseils novateurs pour contrer les troubles de la marche, les indications de la kinésithérapie et de l’orthophonie, la façon de prolonger le bénéfice de leurs séances mais aussi leurs limites. Les immenses progrès et les « effets d’annonces » sont exposés avec objectivité. L’auteur, et c’est inédit dans les ouvrages sur cette affection, a une démarche humaniste pour aider chacun, aidant et malade, a bâtir une représentation positive de la maladie de Parkinson dans un esprit de résilience, fortement influencé par Boris Cyrulnik avec qui il travaille et publie. On trouvera aussi dans cet ouvrage de quoi satisfaire sa culture générale sur la vie romanesque de Sir James Parkinson, les histoires étonnantes qui émaillèrent la description de cette maladie, de la découverte des médicaments et de la « pile » ainsi que les célébrités qui en furent atteintes. Très complet, il aborde aussi la question du droit et celle des droits. C’est le premier livre sur le sujet avec un QR code qui renvoie sur un site internet qui donne des informations complémentaires et les mises à jour.
L’auteur, Jean-Pierre Polydor, est neurologue à Cannes, très impliqué dans l’éducation des malades et des aidants, On lui doit déjà, chez le même éditeur « Alzheimer, mode d’emploi », qui en est à sa 3ème réédition.

Un nouveau traitement contre la maladie de Parkinson? /Les résultats prometteurs de la thérapie génique

Une équipe de médecins lillois a dévoilé, lundi, les résultats d’une étude prometteuse pour lutter contre cette maladie neurodégénérative...

Un espoir pour lutter contre la maladie de Parkinson. Une équipe de médecins et de chercheurs du CHRU de Lille, de la faculté de médecine et de l’université de Lille-2 a dévoilé, lundi, des résultats encourageants concernant une nouvelle application clinique pour soigner cette maladie neuro-dégénérative qui touche environ 150.000 personnes, la plus répandue en France après celle d’Alzheimer.

Pendant deux ans, quarante patients de l’unité Parkinson du CHRU ont testé une molécule permettant de redéployer le fer dans l’organisme humain. «On sait depuis longtemps que l’excès de fer dans le cerveau est un des facteurs associés à la maladie de Parkinson. Ces patients ont pris un médicament utilisé habituellement chez les enfants qui ont une maladie de sang», explique David Devos, neuro-pharmacologue au CHRU de Lille. L’action antioxydante de ce médicament semble permettre un ralentissement de la progression du handicap.

Une étude à valider

«J’ai senti une nette amélioration quand je prenais ce médicament», avoue Joseph Rosanski, un des patients qui a participé à l’étude. Depuis 2005, date à laquelle sa maladie a été diagnostiquée, il avait subi d’autres traitements, avec moins de réussite. «Il faut maintenant valider cette étude en vérifiant les effets sur une population plus large. Nous devons vérifier que les bénéfices sont plus importants que les effets indésirables, comme la diminution de globules blancs dans certains cas rares», note David Devos.

Pour cela, des fonds européens ont été sollicités. «Dans quatre ou cinq ans, on peut espérer que ce traitement arrive sur le marché», note Caroline Moreau, docteur en neurologie. «D’autant qu’on pourrait peut-être l’appliquer à d’autres maladies du cerveau», précise Luc Defevre, professeur en neurologie. Le service de neurologie a, d’ailleurs, commencé, ce mois-ci à tester également le traitement sur des patients atteints de la maladie de Charcot.

 A Lille, Gilles Durand
15/04/2014

 

 

 Les résultats prometteurs de la thérapie génique

www.bfmtv.com/video/bfmbusiness/sante-minteresse/maladie-parkinson-resultats-prometteurs-therapie-genique-sante-minteresse-12-04-190423/


 

 

Parkinson : un composé du safran bloque la maladie in vitro/Curcumin Prevents Aggregation in alpha-synuclein by increasing reconfiguration rate

PDF de l'article original :

http://pdf.lu/ioSi

 Janlou Chaput, Futura-Sciences

La curcumine, que l’on retrouve dans le curcuma, ou safran des Indes, pourrait empêcher l’agglutination de l’alpha-synucléine, une des premières étapes de la maladie de Parkinson. Alors doit-on prescrire un régime alimentaire plus épicé aux patients ? Malheureusement non, cela ne suffira pas. Mais une nouvelle voie est ouverte. 

 

La curcumine, extraite du curcuma, se retrouve dans l'alimentation puisqu'elle est utilisée en tant que colorant jaune, avec la référence E100. En plus d'empêcher la formation d'agrégats d'alpha-synucléine dans
 la maladie de Parkinson, la curcumine a des propriétés antiseptiques et anti-inflammatoires. © Sanjay Acharia, Wikipédia, cc by sa 3.0

La curcumine, extraite du curcuma, se retrouve dans l'alimentation puisqu'elle est utilisée en tant que colorant jaune, avec la référence E100. En plus d'empêcher la formation d'agrégats d'alpha-synucléine dans la maladie de Parkinson, la curcumine a des propriétés antiseptiques et anti-inflammatoires. © Sanjay Acharia, Wikipédia, cc by sa 3.0

Dans le calendrier international, le 12 avril coïncide avec la Journée mondiale de la maladie de Parkinson. Cette pathologie neurodégénérative, relativement courante chez les personnes âgées (près de 5 % des adultes de plus de 80 ans), se caractérise par un déficit du système dopaminergique, et de la présence de corps de Lewy, des agrégats anormaux de protéines dans les neurones, dont le principal constituant est l’alpha-synucléine.

Cette molécule, en s’agglutinant, a déjà été directement incriminée dans les premières étapes de lamaladie de Parkinson. L’un des objectifs des scientifiques consiste à prévenir cette agglomération caractéristique, si possible avant qu’elle ne se produise. Et comme la nature est bien faite, la réponse pourrait venir des plantes. Plus précisément du curcuma, autrefois appelé safran des Indes, dont on utilise le rhizome pour composer de nombreuses épices.

Parmi ses composés, une molécule appelée curcumine, déjà connue pour ses propriétés antioxydantes. Mais son pouvoir thérapeutique ne se limiterait pas à cela. D’après une étude publiée dans le Journal of Biological Chemistry, ce principe actif est doté d’une forte affinité pour l’alpha-synucléine, et la liaison entre les deux molécules empêcherait la protéine de s’agglutiner dans lesneurones.

On ne connaît pas encore très bien la fonction de l'alpha-synucléine (représentée ici dans une forme tridimensionnelle) chez un individu sain. En revanche, une mutation sur le gène qui la produit risque
 de favoriser un repliement plus rapide et d'augmenter sa tendance à s'agglutiner avec d'autres protéines. © www.pdb.org Wikipédia, DP
On ne connaît pas encore très bien la fonction de l'alpha-synucléine (représentée ici dans une forme tridimensionnelle) chez un individu sain. En revanche, une mutation sur le gène qui la produit risque de favoriser un repliement plus rapide et d'augmenter sa tendance à s'agglutiner avec d'autres protéines. © www.pdb.org Wikipédia, DP

La curcumine remet en forme l’alpha-synucléine

S’il est assez facile de connaître la suite d’acides aminés qui composent une protéine, comprendre la façon dont ils s’agencent entre eux pour donner une forme globale et tridimensionnelle à la molécule est une autre performance. D'autant plus que l’on a cru durant longtemps que l’alpha-synucléine était une protéine intrinsèquement désordonnée, c’est-à-dire sans structure 3D stable...

Dans cette étude, les chercheurs de l’université d’État du Michigan (États-Unis) se sont focalisés sur le repliement dans l’espace de l’alpha-synucléine. Or, en présence de curcumine, d’autant plus quand on élève les températures, la protéine adopte bien plus rapidement une structure en tétramère qui la stabilise et diminue sa tendance à s’agglomérer avec d’autres peptides. En ne laissant que très peu de temps l’alpha-synucléine sous sa forme toxique, la curcumine prévient alors la formation d’agrégats mortels dans les neurones.

Alors, faut-il manger épicé pour en finir avec la maladie de Parkinson ? Le problème est bien plus compliqué. Sous cette forme, la curcumine ne franchit pas la barrière hématoencéphalique (qui protège le cerveau de pathogènes, de toxines… mais aussi de certains principes actifs) et ne peut cibler in vivo l’alpha-synucléine. Les chercheurs proposent plutôt de trouver des médicaments dotés des mêmes propriétés thérapeutiques pour reconfigurer les protéines défaillantes. Mais même si un tel traitement voyait le jour, suffirait-il à soigner tous les symptômes de cette maladie multifactorielle ? Probablement que pour la maladie de Parkinson, le remède miracle et universel n’existe pas…


 

Trouver le bon rythme pour soigner le Parkinson

 

Sophie Guiraud 12/2013
 
L’équipe d’Euromov. Sur le tapis, Charles Hoffman. Assis, Benoît Bardy et Simone Dalla Bella.
L’équipe d’Euromov. Sur le tapis, Charles Hoffman. Assis, Benoît Bardy et Simone Dalla Bella. (C. FORTIN)

Le labo EuroMov adapte la musique au mouvement. Objectif : aider des malades de Parkinson à marcher. Les Montpelliérains, forts d’une dotation européenne de 2,9 M€, ont trois ans pour le démontrer.

Shakira ou Johnny Hallyday peuvent-ils améliorer la performance du coureur à pied et aider les malades de Parkinson à se déplacer ? Oui, mais à condition d’adapter le tempo du morceau au déplacement de chacun, parie le laboratoire montpelliérain Euromov, spécialisé dans l’étude du mouvement et ses applications en santé. Et comme nul ne peut s’attacher les services de la Colombienne ou de Johnny pour changer la fréquence de leurs tubes en direct, un logiciel peut s’en charger.

Une application utilisable par les malades va être développée 

Les Montpelliérains, forts d’une dotation européenne de 2,9 M€, ont trois ans pour le démontrer. Pour y parvenir, ils travaillent au CHU avec Valérie Cochen de Cock, neurologue, Sophie Bayard, neuropsychologue. Mais aussi des équipes internationales (1).

Objectif : développer une application pour smartphone utilisable par des malades, mais aussi par des athlètes ou des joggeurs du dimanche, pour améliorer leurs performances en réduisant leur consommation d’énergie. Les études démarrent à Montpellier. Le projet s’intitule Beat-Health, un clin d’œil aux Beatles. Les chercheurs vont d’ailleurs puiser dans leur répertoire.

Un logiciel adapte la musique aux pas

Sur un tapis de course, au cœur du laboratoire, à deux pas de la faculté de sports, un jeune thésard, Charles Hoffman, équipé d’IPod et de multiples capteurs, se prête aux premières évaluations : il ralentit, le rythme du morceau ralentit. Il augmente ses foulées, le rythme s’accélère. Un logiciel adapte déjà la musique à ses pas. Quel sera l’impact ? "On sait que la musique peut être un facilitateur dans l’exercice physique, mais aussi un perturbateur en cas de mauvaise synchronisation", rappelle Benoît Bardy, responsable d’Euromov.

Reste à maximiser l’efficacité de ce stimulus qui active des zones du cerveau et des régions motrices. Car "la course ou la marche sont un assemblage de rythmes", soulignent les chercheurs : rythme cardiaque, flux sanguin, respiration... seront sondés pour déterminer les meilleures entrées. Déjà, Charles Hoffman estime qu’un joggeur pourrait économiser 5 % d’oxygène.

Diviser par deux le nombre de chutes chez les Parkinsoniens

Pour la maladie de Parkinson, qui touche 100 000 à 150 000 personnes en France, le chercheur Simone Dalla Bella imagine comment le procédé, "économique et non invasif", pourrait réduire le recours aux médicaments. "On estime aussi qu’on pourrait diviser par deux le nombre de chutes", ajoute Benoît Bardy. Qui précise que "des applications sont déjà sur le marché", mais qu’"aucune ne repose sur une validation scientifique". Les acteurs de Beat-Health s’y activent.

(1)Des chercheurs en musicologie de l’université de Gand (Belgique), des informaticiens de la Fondation Tecnalia (Bilbao, Espagne), des spécialistes de bio-ingénierie de l’université de Maynooth (Irlande).

Motilium: prévenir le risque ... augmente le risque de moins bien traiter la maladie de Parkinson !

Mise au Point des Centres Experts Parkinson 27/02/2014

 

Nous sommes inquiets pour nos patients ! Un article de la revue Prescrire a semé le trouble chez les patients en rappelant sans contextualiser le risque cardiaque connu de la dompéridone. La maladie de Parkinson est un cas particulier pour laquelle il n’y a actuellement pas d’autre alternative thérapeutique validée pour les nausées induites par les traitements de la maladie de Parkinson. Nous incitons à la prudence et à la nécessité d’une analyse au cas par cas du patient par son neurologue : surveillance et information.

Dompéridone : prévenir le risque… augmente le risque de moins bien traiter la maladie de Parkinson !

Nous avons lu avec grand intérêt l’article « Médicaments : des morts subites imputées au motilium (dompéridone) » paru dans le Monde du 19 février 2014 et celui de la revue Prescrire auquel il faisait référence (Rev Prescrire 2014). Ces articles informent du risque de mort subite lié à l’utilisation de la dompéridone et avancent une estimation du nombre de décès qu’il y aurait eu en France en 2012 à cause de ce médicament. L’effet d’annonce de cette information a semé le trouble auprès des patients atteints de maladie de Parkinson car ce médicament est très largement utilisé depuis les années 80 pour améliorer la tolérance des médicaments introduits au début de la maladie, favoriser l’acceptation du traitement, ou, plus tard, pour  faciliter la mise en  en place de pompe pour infusion continue de médicaments. Nous souhaiterions donc apporter dans ce courrier un complément d’information.

Le risque de mort subite évoqué par l’article de la revue Prescrire est lié au fait que la dompéridone allonge l’espace QT, un paramètre du rythme cardiaque. L’allongement du QT peut provoquer des troubles du rythme, potentiellement mortels. Cet effet est partagé par tous les anti-nauséeux de la même classe thérapeutique (neuroleptiques) et par la majorité des anti-nauséeux utilisés pour les chimiothérapies anticancéreuses. Plusieurs dizaines d’autres médicaments ont également cette propriété. Le risque est plus élevé chez les sujets ayant déjà un QT « long » ou en co-administration avec d’autres médicaments. Pour la dompéridone, le risque augmente avec la dose administrée et l’âge. Ces données sont connues depuis le lancement de la dompéridone en 1980 et ont été rappelées par l’agence du médicament en 2011 par un communiqué fait auprès des personnels de santé. La dompéridone doit donc être utilisée avec certaines précautions d’utilisation (Curr Dur Saf 2013 ; 8(1) :63-68). La diminution de 6% des prescriptions de dompéridone entre 2011 et 2012 dont fait état la revue Prescrire en est sans doute le reflet.

TOUT médicament a des risques mais pour que l’information soit juste il est nécessaire de faire état de la balance entre ses bénéfices et ses risques qui déterminent son intérêt thérapeutique. Dans la maladie de Parkinson, la dompéridone a un intérêt tout particulier et le retrait pur et simple du marché pourrait entraver la bonne prise en charge des patients entrainant un moindre contrôle des symptômes de la maladie, voire empêcher le recours à certaines thérapeutiques. En effet, les médicaments antiparkinsoniens activent les récepteurs de la dopamine dans le cerveau mais aussi dans le reste de l’organisme, entrainant des effets indésirables tels que troubles digestifs ou chutes de tension. La dompéridone bloque les récepteurs de la dopamine mais a la particularité de ne pas pénétrer (ou très peu) dans le cerveau contrairement à tous les autres médicaments de la même classe thérapeutiques (les neuroleptiques). Cette particularité pharmacologique permet d’utiliser la dompéridone pour contrer les effets indésirables périphériques des médicaments antiparkinsoniens sans entraver leur efficacité sur les symptômes neurologiques. C’est d’ailleurs en France, souvent en avance en termes de traitement de la maladie de Parkinson, que l’efficacité de la dompéridone a été démontrée en premier (Agid et al., Lancet 1979). L’utilisation de la métoclopramide (un autre anti-nauséeux, neuroleptique), comme proposée par la revue Prescrire expose à une aggravation des symptômes parkinsoniens, sans parler que ce médicament allonge aussi le QT… Il n’existe aujourd’hui aucun médicament ayant des propriétés pharmacologiques équivalentes à la dompéridone. C’est cette absence d’alternative thérapeutique qui inquiète à la fois les neurologues et les patients.

Encore une fois notre intention n'est pas de nier les risques de ce médicament mais bien d'essayer de minimiser les risques potentiels liés à leur annonce ! Depuis la diffusion de cette information dans la presse nous anons été contactés par des patients refusant de prendre ce médicament ou nous faisant part de leur intention d'arrêter le traitement. Les risques d'un arrêt brutal de médicament, sans prendre l'avis de son médecin, n'est pas dénué de risque. Dans une étude récemment publiée dans la revue Neurology, réalisée par le réseau des centres Parkinson Français (NS-Park) et promue par le CHU de Toulouse, il a été montré que le sevrage d'un "vieux" médicament antiparkinsonien - lui aussi initialement prévu pour être retiré du marché - non seulement entraînait la réapparition des symptômes mais s'accompagnait d'effets indésirables graves (Neurology 2014 28;82(4):300-7).À notre connaissance, le risque d'arrêter brutalement la dompéridone chez des patients parkinsoniens, s'il a été prescrit à bon escient, n'a pas encore été évalué. Par prudence, nous conseillons donc aux patients parkinsoniens qui souhaiteraient arrêter ce médicament de se mettre en contact avec leur médecin traitant pour réévaluer son intérêt dans leur cas particulier.

 

Nous attendons avec impatience l’avis du PRAC qui, nous l’espérons, tiendra compte des particularités des indications de la dompéridone dans la maladie de Parkinson.

Les neurologues et pharmacologues membres du réseau des centres experts Parkinson.


 

Réévaluation en cours du rapport bénéfice/risque des spécialités à base de dompéridone - Point d'information

Rapport ANSM  20/02/2014
 
 
 
Le Comité pour l’Evaluation des Risques en matière de Pharmacovigilance (PRAC) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a engagé en mars 2013 la réévaluation du rapport bénéfice/risque des spécialités à base de dompéridone (MOTILIUM, PERIDYS et génériques).

Depuis  1980, la dompéridone est autorisée dans le soulagement des symptômes de type nausées et vomissements, sensations de distension épigastrique, gêne au niveau supérieur de l'abdomen et régurgitations gastriques (base de données publique des médicaments).

A la suite de l’observation d’effets indésirables graves cardiaques, l’AMM de la dompéridone a été modifiée en 2004 puis en 2008.

En décembre 2011, l’Agence a adressé une lettre aux professionnels de santé afin de les sensibiliser sur ce risque[1]  ainsi qu’une mise en garde sur les éventuels détournements d’usage (stimulation de la lactation)[2] .

Le comité pour l’Evaluation des Risques en matière de Pharmacovigilance (PRAC) a initié une réévaluation du rapport bénéfices/risques de la dompéridone dans le cadre d’un arbitrage européen engagé en mars 2013, pour lequel la France est rapporteur. L’arbitrage porte essentiellement sur la toxicité cardiaque, l’efficacité ainsi que sur les risques de détournement d’usage.

Des informations sur l’état d’avancement de l’évaluation européenne de ce dossier ont été régulièrement mises en ligne sur le site de l’ANSM en mars, juillet et décembre 2013 accompagnées de mises en garde aux prescripteurs. Les précautions d’emploi de ces médicaments ont aussi été rappelées.

Les recommandations du PRAC issues de cet arbitrage sont attendues pour mars 2014.

Recommandations aux professionnels de santé et aux patients

Dans l’attente des résultats de cette réévaluation portée au niveau européen, l’ANSM rappelle aux prescripteurs de respecter strictement les indications de ce produit et de prendre en compte le risque cardiaque (dont l’allongement de l’intervalle QT) en particulier chez les patients qui présentent des facteurs de risque (allongement existant de l’intervalle QT, troubles électrolytiques importants, insuffisance cardiaque congestive…)

A ce stade, il est recommandé de limiter la prescription à la durée de traitement la plus courte (usuellement 7 jours maximum) et à la dose la plus faible possible sans dépasser 30 mg/jour chez l’adulte. En effet, le risque peut être plus élevé chez les patients âgés de plus de 60 ans ou chez ceux qui sont traités par des doses quotidiennes supérieures à 30 mg.

En l’absence de troubles cardiaques, les patients actuellement sous traitement  peuvent continuer la prise de Domperidone. Le traitement pourra éventuellement être reconsidéré lors d’une prochaine consultation.

 

[1] - Médicaments à base de dompéridone et sécurité d’emploi cardiovasculaire - Lettre aux professionnels de santé (06/12/2011)

[2] - Utilisation hors AMM de la dompéridone dans la stimulation de la lactation : mise en garde - Point d’information (16/12/2011)


 

Souvenir de Pierre CÉSARO

 (1951 /décédé le 31 décembre 2013)

www.youtube.com/embed/Yr1zs6YqJYA


 

 

Genes and environment in the pathogenesis of Parkinson’s disease

R. Krüger

Center of Neurology and Hertie-Institute for Clinical Brain Research, University of Tübingen, Germany

 

The identification of the first gene in familial Parkinson’s disease (PD) only ten years ago was a major step in the understanding of the molecular mechanisms in neurodegeneration. Before PD been regarded as a prototypic non-genetic disorder for a long time. In line with this concept of nonheritable parkinsonism in the early 80s of the past century a byproduct of a synthetic drug, 1-methyl-4-phenyl-1,2,3,6-tetrahydropyridine (MPTP), has been identified as a cause of parkinsonism in drug addicts. To date several other environmental causes of clinical parkinsonism were described, including rural residence, head trauma, well water drinking or exposure to pesticides, however, the definite evidence for a role for the environment in the etiology of PD is still missing.

Based on PD genetics alpha-synuclein aggregation was recognized as a key event in neurodegeneration in patients carrying mutations in this gene, and even more, it turned out to be the most consistent marker to define Lewy body pathology also in nonheritable idiopathic PD. To date more than seven genes are known to cause familial PD. Indeed in distinct populations mutations in one single gene were found to cause the disease in up to 40% of patients formerly described as ‘idiopathic’ cases. These findings indicate that idiopathic PD as defined by a late-onset disorder with no (apparent) genetic contribution is part of a clinical syndrome that becomes more and more heterogenous in terms of etiology with overlapping clinical and pathoanatomical features


 

 

PARKINSON UNE MALADIE PROFESSIONNELLE ?

Patrick FAYEL

 

La maladie de Parkinson peut-elle - dans certains cas au moins - avoir une origine professionnelle ? De nombreuses études épidémiologiques tendent à le démontrer en soulignant le rôle joué par l'exposition à des substances toxiques. Toutefois, le débat n'est pas clos, d'autres études démontrant de façon non moins convaincante le rôle des prédispositions génétiques. Si bien qu'un consensus précaire s'établit sur une probable interaction entre ces facteurs, mais aussi sur la nécessité de renforcer les mesures de protection dont doivent bénéficier les travailleurs exposés.

 

La maladie de Parkinson est probablement l'une des plus anciennes pathologies affectant l'espèce humaine. En effet, on trouve dans de nombreuses sources anciennes, incluant un papyrus de l'ancienne Égypte, la Bible ou encore dans les écrits de Galien des descriptions de symptômes caractéristiques de cette maladie. Il faut toutefois attendre 1817 pour que le médecin anglais James Parkinson publie une description claire et détaillée des symptômes de la maladie qui porte maintenant son nom.  La maladie étant dès lors bien identifiée, de nombreux chercheurs s'y intéressent, permettant de mieux la comprendre. 

Parmi les grandes avancées, on doit citer la contribution essentielle du Russe Konstantin Tretiakoff qui démontre en 1919 que la principale zone cérébrale touchée est la substance noire (locus niger). Il ouvrit ainsi la voie aux travaux d'Arvid Carlsson sur la dopamine, un neurotransmetteur sécrété par le locus niger et dont la diminution joue un rôle majeur dans la maladie de Parkinson. Une découverte d'une grande portée pratique puisque, comme l'explique fort bien le Professeur Wassilios Weisner, neurologue au CHU de Bordeaux et spécialiste de la maladie de Parkinson, " les traitements actuels ont pour objectif de remplacer la dopamine et de diminuer les symptômes de la maladie de Parkinson ". 

Toutefois, ces découvertes cruciales laissent encore ouverte la question des facteurs provoquant la maladie. Deux grandes catégories de causes sont étudiées par les chercheurs : les causes génétiques et les causes environnementales. Loin d'être théorique, ce débat est crucial puisqu'il implique des politiques de prévention de la maladie différentes, notamment sur le lieu de travail. 

Comme l'explique l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 
" plusieurs pistes sont étudiées : exposition aux métaux lourds, pesticides et herbicides, chocs à la tête (traumatismes crâniens comme chez les boxeurs), micro-infarctus cérébraux, neurotoxines qui pourraient être d'origine virale ". Selon une étude publiée en 2009 par l'Inserm, chez les agriculteurs, l'exposition professionnelle aux pesticides multiplie par 2 les risques de survenue de la maladie de Parkinson. Cette enquête montrait également que le risque augmente avec le nombre d'années d'exposition et qu'il serait principalement lié à des utilisations anciennes d'insecticides organochlorés comme le DDT ou le lindane. Trois ans auparavant, aux Etats-Unis, l'équipe d'Alberto Ascherio de l'École de santé publique de Harvard avait également conclu que l'exposition aux pesticides augmentait le risque de Parkinson de 70%. Selon ce travail publié en 2006 dans Annals of Neurology, 5% des personnes exposées aux pesticides risqueraient d'avoir un Parkinson, contre 3% pour la population générale. 

Ces observations épidémiologiques ne pouvaient que donner raison à ceux qui, de longue date, souhaitaient que la maladie de Parkinson soit considérée comme une maladie professionnelle. Une cause en partie entendue puisque, en 2006, à l'issue d'un long marathon judiciaire, un ancien ouvrier agricole atteint de la maladie de Parkinson a réussi à faire reconnaître l'origine professionnelle de celle-ci par le tribunal des affaires de sécurité sociale de Bourges. Une reconnaissance qui pourrait un jour être étendue à d'autres catégories professionnelles si les soupçons pesant sur d'autres substances sont confirmés. A titre d'exemple, on peut citer le manganèse, souvent utilisés en soudure... 

Toutefois, ces enquêtes épidémiologiques n'invalident pas pour autant l'hypothèse d'une origine génétique de la maladie. En effet, l'Inserm souligne également que " plusieurs gènes de prédisposition ont été identifiés, d'abord dans les cas (très rares) de forme précoce de la maladie, survenant avant 50 ans, parfois même avant 40 ans. Mais la forme la plus courante (plus de 95 % des cas) n'a pas encore livré tous ses secrets génétiques ". Une étude pilotée par Suzanne Lesage (2006), chercheuse au laboratoire " Neurologie et Thérapeutique Expérimentale " de l'Inserm soulignait le rôle joué par la mutation du gêne LRRK2 dans le déclenchement de la maladie. Or, " de nombreuses études montrent que la fréquence de la mutation varie considérablement selon l'origine géographique et ethnique des populations étudiées" (consulter les données sur une carte)*. De quoi souligner qu'au-delà des facteurs environnementaux, les facteurs génétiques jouent un rôle de premier plan dans la maladie de Parkinson. 

 

Les enquêtes épidémiologiques validant aussi bien les causes environnementales que les causes génétiques, la communauté scientifique s'accorde donc, en l'état des connaissances, sur une interaction entre ces différents facteurs.Comme l'explique le professeur Yves Agid, chef de service de neurologie, hôpital Pitié-Salpétrière, "il faut être très prudent. L'expression d'une maladie est souvent liée à des facteurs génétiques modulés par l'environnement. Il est fort probable que les pesticides jouent un rôle chez des personnes déjà prédisposées génétiquement". Si bien que la reconnaissance de facteurs génétiques ne doit nullement inciter à négliger la nécessité de prévenir les risques liés à l'exposition des travailleurs (et de tous les citoyens) à des substances chimiques. En la matière plus qu'en toute autre, le principe de précaution recommande la plus grande vigilance. C'est du reste ce que souhaitait le premier ouvrier agricole ayant bataillé pour faire reconnaître l'origine professionnelles de sa maladie : imposer la mise en oeuvre de mesures de protections renforcées lors du maniement des pesticides.

* cliquer sur le lier pour consulter la carte


 

 

 

Quelle place pour l'environnement dans l'étiologie de la maladie de Parkinson

A Destee (Lille) 

 

Le rôle d’un facteur génétique dans l’étiologie de la maladie de Parkinson « idiopathique » est parfaitement démontré par les formes familiales mono géniques. Aujourd’hui six gènes porteurs de mutations sont à l’origine de transmissions autosomiques dominantes ou récessives et quatre autres gènes au moins restent à découvrir. Dans certains cas le phénotype est lié à la surexpression du gène de l’alpha synucléine. Dans ces formes familiales héréditaires qui sont rares l’environnement peut influencer l’expression phénotypique comme l’ont démontré la famille de Contursi et l’étude de jumeaux. Dans les formes sporadiques, beaucoup plus fréquentes, l’intervention d’un facteur génétique est également démontré dans de nombreux cas mais ne peut suffire et suggère pour le moins une interaction avec un ou des facteurs environnementaux. La responsabilité de ces derniers a été évoquée à la suite de l’observation de syndromes parkinsoniens provoqués par le MPTP, neurotoxique inhibiteur du complexe I mitochondrial et de structure proche de celle du Paraquat, un herbicide très largement employé dans la culture de type industriel. De fait les résultats des études épidémiologiques concordent en démontrant une relation entre MPi et exposition aux pesticides. Outre le paraquat, organophosphorés, organochlorés dithiocarbamates pourraient être en cause. Les variations de prévalence seraient de ce fait liées aux caractéristiques du patrimoine génétique et/ou des facteurs environnementaux délétères ou protecteurs (tabac). Les voies métaboliques impliquées dans les formes familiales sont identiques à celles concernées dans les deux modèles expérimentaux de la MPi obtenus avec deux toxiques, un insecticide chloré, la rotènone et surtout le MPTP: le système de dégradation des protéines par le protéasome, le dysfonctionnement mitochondrial avec défaut énergétique et production de radicaux libres. L’intoxication à la dieldrine, pesticide organochloré, d’un modèle animal caractèrisé par la surexpression de l’alpha-synucleine a démontré la potentialisation des effets délétères des facteurs génétique et environnemental

 


 

Primperan et ses génériques (métoclopramide) : Actualisation des indications et de la posologie pour diminuer le risque d’effets indésirables - Point d’Information

 

12/02/2014
 Une réévaluation du rapport bénéfice/risque des spécialités à base de métoclopramide a été initiée en 2011 par l’Agence européenne des médicaments (EMA) en raison de préoccupations sur l’efficacité et la sécurité liées au risque d’effets indésirables neurologiques et cardiovasculaires. Au décours de cette réévaluation, l’utilisation du métoclopramide est désormais réservée à certaines situations chez l’adulte et chez l’enfant.

Le rapport bénéfice/risque du métoclopramide a été réévalué dans le cadre d’une procédure européenne au sein de l’EMA, en raison de préoccupations sur l’efficacité et la sécurité liées au risque d’effets indésirables neurologiques (tels que symptômes extrapyramidaux aigus et dyskinésie tardive irréversible) et cardiovasculaires. Le risque de survenue de ces effets indésirables augmente avec la dose et la durée de traitement. Il est plus élevé chez l’enfant que chez l’adulte.

Au terme de cette réévaluation, l’utilisation du métoclopramide est désormais réservée aux situations suivantes :

Chez l’adulte :

  • traitement symptomatique des nausées et vomissements (formes orales et injectable)
  • prévention des nausées et vomissements
  • post-opératoires (forme injectable)
  • induits par une radiothérapie (formes injectable, orales et rectale)
  • prévention des nausées et vomissements retardés induits par les antimitotiques (formes orales et rectale)

Chez l’enfant de 1 à 18 ans :

  • prévention en 2ème intention des nausées et vomissements retardés induits par les antimitotiques (formes injectable et orales)
  • prévention des nausées et vomissements post-opératoires (forme injectable).

La dose journalière maximale est de 30 mg (ou 0,5 mg/kg) chez l’adulte et de 0,5 mg/kg chez l’enfant. 
La durée maximale de traitement recommandée est de 5 jours.
L’actualisation des Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) des spécialités concernées est en cours.
D’autre part, en raison du risque d’effets indésirables associés à la prise de doses élevées, les AMM des formulations fortement dosées en métoclopramide sont retirées le 12 février 2014 avec rappel des lots disponibles sur le marché français à cette date. Les formes concernées sont les suivantes:

  • suppositoires dosés à 20 mg
  • formulations injectables avec une concentration supérieure à 5 mg/ml.

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