Céphalées, migraines et produits laitiers.

 

 

 

 

Les maux de têtes sont un motif extrêmement fréquent de consultation en neurologie et en médecine générale. On essaye de les démembrer afin de trouver des traitements spécifiques mais finalement, à part les triptans qui s'adressent essentiellement aux migraines vraies, les autres médicaments sont utilisés pour leurs propriétés antalgiques générales.

Les mécanismes qui conduisent à la migraine et aux céphalées dites de tension sont mal connus. On parle de vasodilatation, de tension musculaire en particulier cervico-dorsale, de stress, de différents facteurs déclenchants : parfums, lumière, aliments, modifications hormonales ou atmosphériques, hérédité.... Mais dans l'historique des patients on relève des faits troublants et, en particulier, que les facteurs déclenchants connus ne déclenchent pas toujours les symptômes.  Il y a donc une notion importante qui est le seuil d'apparition de la migraine ; tant que l'on reste en deçà tout va bien mais dès que le seuil est atteint, la crise démarre et seule une prise de traitement précoce peut l’enrayer. L'objectif est de trouver et d'agir sur des facteurs qui pourraient aider à rester en permanence en dessous du seuil. Ce sont donc les facteurs d'environnement qui sont les plus modifiables et en tout premier lieu l'alimentation. Toutefois, au cours des études de médecine ou de neurologie, on n’évoque les aliments déclencheurs que de façon ponctuelle et anecdotique. Et, de fait, la plupart des médecins n’en parlent pas pendant les consultations. Par « chance », j'ai longtemps souffert de maux de tête (céphalées simples et migraines avec nausées et aura) et, vers 40 ans, c'est un ami ostéopathe que je consultais pour des maux de dos récurrents qui m'a conseillé d'arrêter les produits contenant du lactose, et le changement a été très spectaculaire : mes maux de tête ont disparu en une à deux semaines et ce de façon définitive ; il faut dire que je n’ai pas eu envie de consommer les yaourts et fromages blancs dont je me délectais auparavant. Je n'ai pas trouvé alors beaucoup de données dans la littérature, tout au plus quelques rares publications liant la consommation de lait à la survenue de migraines. Mais, sans attendre des preuves scientifiques, j'ai commencé à donner le conseil aux patients d'arrêter tous les aliments contenant du lactose. Le risque n’était pas bien grand et cela correspond à ce qui est prévu par la nature qui a programmé génétiquement l’alactasie vers l’âge de 4 ans pour l’immense majorité de l’humanité. Pour les patients aussi les effets bénéfiques sont la plupart du temps extrêmement rapides puisque la grande majorité des gens revenaient au bout d'un mois en signalant qu'ils n’avaient plus ou beaucoup moins de maux de tête et/ou de migraines et que les facteurs de déclenchement habituels en particulier hormonaux ne provoquaient plus les maux de tête.

Il n’y a pas, à ma connaissance, d’explication scientifique pour expliquer l’effet nocif du lactose qui génère les maux de tête.

 

Depuis plus de vingt ans, des milliers de migraineux adultes et enfants que j’ai suivis en consultation ont bénéficié de cette éviction. Certains ont du mal et craquent parfois avec ou sans récidive de migraine. La plupart des gens peuvent continuer à consommer du fromage et du beurre qui ne contiennent pas de lactose (ils profitent ainsi des nutriments bénéfiques du lait : vitamines, minéraux, protéines...), et occasionnellement un yaourt ou des glaces. Je leur conseille, si malgré l’éviction du lactose ils ressentent parfois un mal de tête, de chercher si un autre facteur alimentaire a pu déclencher la crise et, bien sûr de le supprimer à l'avenir. De plus, suite à ces corrections alimentaires beaucoup de personnes ressentent une amélioration sur leur forme générale, de leur fonctionnement intestinal, leur sommeil, leur moral, leurs crampes, leurs douleurs...

 

Bernard ARANDA

Souffrant de maux de tête, un Britannique découvre qu'un ver vit dans son cerveau

 

 

www.maxisciences.com/embed/D8lL0xackQnKq8rIlxb7uA

 

Suivi pour de violentes migraines et des sensations olfactives étranges, ce patient britannique de 50 ans est finalement parvenu à connaitre la source de ses maux. Les médecins de l’Addenbrooke's Hospital, à Cambridge, lui ont diagnostiqué un parasite. De manière tout à fait improbable, ce petit ver d’un centimètre de long, logeait depuis quatre ans dans son cerveau. Le spécimen a été identifié comme un vers plat de l’embranchement des Plathelminthes. Cette catégorie regroupe de nombreuses espèces de parasites connus comme la douve du foie ou encore le ver solitaire. Le ver retrouvé dans le cerveau du patient est en revanche beaucoup moins répandu. Un cas extrêmement rare Le spécimen, appelé Spirometra erinaceieuropei, n’a en effet jamais été répertorié jusqu’à présent au Royaume-Uni. Les cas d’infections sur l’homme sont d’ailleurs extrêmement inhabituels puisque depuis 1953, seuls 300 cas ont été enregistrés sur l’ensemble de la planète. "Nous ne nous attendions pas à observer une infection de ce type au Royaume-Uni" a déclaré dans un communiqué Effrossyni Gkrania-Klotas, l'un des membres du corps médical en charge du patient. "Ce type d'infection est très rare", a t-il confirmé. Parce qu’il est relativement peu référencé dans la littérature scientifique, le parasite représente aux yeux des chercheurs et docteurs une véritable énigme. "Ce ver est un mystère et nous ne savons pas quelles espèces il peut infecter ou comment", a déclaré dans un communiqué Hayley Bennett, chercheur au Wellcome Trust de Cambridge. Transmis par un amphibien en Chine Avec ses collègues, le généticien s’est attelé à séquencer le génome du spécimen afin de découvrir d’éventuels nouveaux traitements. Un véritable défi étant donné que le cycle de vie du parasite est actuellement mal connu des chercheurs. Selon les quelques connaissances rassemblées à se jour, le parasite nicherait d’ordinaire dans les petits crustacés et amphibiens des lacs chinois. Le patient, originaire de ce pays, l’a certainement attrapé lors d’un de ses déplacements réguliers. Les docteurs soupçonnent que le parasite lui ait été transmis via des cataplasmes de peau de grenouille, un remède chinois utilisé pour soigner des inflammations aux yeux. "Pour ce groupe de vers non recensé, c'est le premier génome à être séquencé. Il nous permet de faire quelques prédictions sur l'activité probable des traitements connus", a déclaré le Dr Matt Berriman de la Faculty of the Sanger Institute. "Le génome suggère que le parasite est naturellement résistant à l'albendazole - un traitement antiparasitaire existant. Cependant, de nombreuses autres cibles de traitement explorées pour d'autres vers sont présentes chez ce parasite et pourraient offrir de futurs possibilités cliniques". Migraines, convulsions et odeurs étranges Le patient a commencé à présenter les symptômes en 2008. A l’époque il souffrait déjà de migraines sévères, de convulsions et de pertes de mémoire. Par ailleurs, il semblerait que l’homme sentait régulièrement des odeurs bizarres. Après une série d’examens, une IRM a finalement mis en évidence un groupe d’anneaux situés dans le lobe temporal droit du cerveau. Au regard de cette observation, les docteurs ont émis toute une série de diagnostics suggérant tour à tour la syphilis, le SIDA ou encore la tuberculose. Toutefois, le patient s’est avéré négatif à toutes ces pathologies. En le soumettant par la suite à une nouvelle IRM, l’équipe médicale a pu constater que les anneaux s’étaient déplacés dans le cerveau sur une distance de cinq centimètres. En 2012, le patient a été soumis à deux biopsies qui ont permis aux chirurgiens de lui retirer le vers du cerveau. Si aujourd’hui le danger est écarté, ce dernier souffre encore des effets liés à la cohabitation avec le ver pendant autant de temps.

 Emmanuel Perrin


 

Cinq plantes pour soulager les migraines et les maux de tête

Café, camomille, fumeterre, menthe ou écorce de saule : découvrez la plante qui vous convient le mieux pour lutter contre la migraine.

Photo d'illustration. 

 
 Sophie Bartczak
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Environ une personne sur deux souffrirait de maux de tête au moins une fois par an et 10 % de la population serait affectée par des migraines régulières. Si les maux de tête sont rarement graves, leurs causes sont multiples et peuvent relever d'un traitement spécifique : sinusite, glaucome, rhumatismes, anémie... Devant un mal de tête qui dure plus de quarante-huit heures, il vaut mieux consulter, d'autant plus lorsque l'on souffre d'hypertension notamment. Si certaines plantes peuvent soulager les céphalées, il est donc plus prudent de consulter au préalable un médecin afin d'établir un diagnostic précis.

Il existe différentes formes de maux de tête. Les céphalées de tension sont ponctuelles et se manifestent surtout au front et à la nuque, tandis que la migraine, moins fréquente, est surtout localisée du côté droit ou gauche de la tête et est souvent précédée de nausées ou de fatigue. La vraie migraine est souvent d'origine familiale et touche surtout les femmes. En crise ou en traitement de fond, cinq plantes phares peuvent accompagner maux de tête et migraines et permettent de réduire les symptômes et les douleurs. 

La caféine

Les plantes riches en caféine comme le café, le thé et le maté sont fréquemment conseillées contre les maux de tête, lors des crises. Ainsi, une tasse de café serré, dès les premiers symptômes, permettrait de limiter l'intensité de la migraine. Cela fonctionnerait surtout chez les consommateurs occasionnels de café. En effet, à l'inverse, consommer régulièrement de grandes quantités de café ou d'autres produits contenant de la caféine n'améliore pas le fond migraineux et entraîne une dépendance dont le sevrage occasionne justement des maux de tête. 

La menthe poivrée (Mentha piperita)

Sous la forme d'huile essentielle, la menthe poivrée soulage rapidement les céphalées de tension et cet usage est d'ailleurs reconnu par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l'Agence européenne du médicament. Des études ont en effet démontré qu'une application répétée d'huile essentielle de menthe poivrée sur le front, les tempes, la nuque et les lobes de l'oreille serait aussi efficace que le paracétamol, et cela, en quinze minutes seulement. En pratique, diluer quelques gouttes d'huile essentielle de menthe poivrée dans un peu d'huile d'amande douce et appliquer tout en évitant le contact avec les yeux. Renouveler toutes les 15 à 30 minutes jusqu'à amélioration. Par prudence, cette huile essentielle est à éviter chez les femmes enceintes et le jeune enfant.

La grande camomille (Tanacetum parthenium)

C'est la plante emblématique de la migraine et des maux de tête et elle était déjà employée pour cette indication dès le XIXe siècle en cataplasme. Depuis, plusieurs essais menés auprès de patients ont permis de constater l'efficacité de la grande camomille sur la migraine et l'OMS reconnaît son utilité pour soulager cette pathologie. Prise en traitement de fond sur plusieurs mois, cette plante permettrait de réduire la fréquence et l'intensité des symptômes (douleurs, nausées, vomissements, sensibilité aux bruits et à la lumière...). En pratique, on peut la prendre en tisanes ou sous la forme d'EPS (en pharmacie) à raison d'une cuillère à café le matin dans un grand verre d'eau avant le petit déjeuner, durant plusieurs mois. Elle est contre-indiquée pour les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de 18 ans.

L'écorce de saule blanc (Salix alba)

Véritable aspirine naturelle, voici près de 2 000 ans que l'écorce de saule blanc est utilisée à des fins médicinales. C'est un antidouleur notoire traditionnellement employé pour soulager les maux de tête, notamment lorsqu'ils sont accompagnés de fièvre. L'écorce de saule blanc peut s'utiliser sous la forme de décoction (à raison de trois à cinq tasses par jour) avec une à deux cuillères à café d'écorce pour une tasse d'eau froide que l'on porte à ébullition durant cinq minutes avant de filtrer. On peut également la trouver en gélules ou en extraits secs ou liquides en pharmacie. Sans effet concluant après une journée de ce traitement, il est recommandé de consulter un médecin. Ses contre-indications sont les mêmes que celles de l'aspirine (ulcères, allergies aux anti-inflammatoires non stéroïdiens...) et elle est déconseillée aux femmes enceintes, allaitantes, aux moins de 18 ans ainsi qu'aux asthmatiques et aux personnes souffrant d'une maladie des reins.

La fumeterre (Fumaria officinalis)

De nombreux patients pensent que leur migraine provient de la sphère hépatique, c'est-à-dire du foie et de la vésicule biliaire. Si, à ce jour, la corrélation foie-migraine n'a pas été scientifiquement établie, plusieurs médecins conseillent de soutenir cet organe dans une stratégie anti-migraine globale. Dans cette perspective, la fumeterre est une plante phare de la fonction hépatique qui possède aussi des propriétés intéressantes plus spécifiques en cas de maux de tête et de migraines (antidouleur, antihistaminique et relaxante). Cette plante commune que l'on trouve fréquemment le long des chemins peut se consommer en infusion, en gélules ou encore sous la forme de teinture mère.


 

Panser la migraine des enfants

  

 

« Depuis la rentrée scolaire, c’est infernal, j’ai entre trois et dix migraines par mois, et des céphalées de tension presque tous les jours. En fait, il n’y a que deux ou trois jours par mois où je n’ai pas mal à la tête », détaille Juliette (son prénom a été changé), 15 ans. Suivie de longue date au Centre de la migraine de l’enfant et de l’adolescent, à l’hôpital Trousseau (Paris), la jeune fille a appris à distinguer ses différents types de céphalées. Comme la plupart des enfants migraineux, elle souffre à la fois de migraines, des « gros maux de tête » qui évoluent par crises et obligent en général à arrêter toute activité ; et de céphalées de tension, des « petits maux de tête » moins invalidants et qui passent sans médicament.

 

Dessin d'enfant migraineux extrait de l'ouvrage "Migraine, céphalées de l'enfant et de l'adolescent", sous la direction de Daniel Annequin, Barbara Tourniaire et Rémy Amouroux (éditions Springer, 228 p., 50 euros).

 

Pour comprendre les causes de cette recrudescence des crises chez sa patiente, Daniel Annequin, responsable de ce centre de référence, fait redérouler à Juliette le fil de sa vie depuis la dernière consultation, il y a deux ans. Il la questionne sur l’ambiance au lycée, le climat familial, les facteurs déclenchants des maux de tête, leurs conséquences en termes d’absentéisme scolaire…

Au Centre de la migraine de l’enfant, structure unique en son genre en France, créé en 2002 par des spécialistes de la douleur en pédiatrie, les professionnels disposent d’un atout essentiel : le temps. La consultation peut durer jusqu’à une heure et demie, permettant aux médecins d’explorer à fond l’histoire médicale et les symptômes de leurs petits patients, mais aussi le contexte psychosocial, une dimension « souvent négligée mais fondamentale », insistent les membres de l’équipe.

 

Dessin d'enfant migraineux extrait de l'ouvrage "Migraine,
 céphalées de l'enfant et de l'adolescent", sous la direction de Daniel Annequin, Barbara Tourniaire et Rémy Amouroux (éditions Springer, 228 p., 50 euros).

 

Les facteurs déclenchants de ses crises, Juliette les a bien identifiés : le stress des contrôles scolaires, mais aussi la fatigue, un environnement bruyant, des soucis familiaux. Ses réponses sont précises, mais Daniel Annequin ne s’en contente pas. « Quel type de fatigue : un excès de sport, un manque de sommeil, ou une fatigue psychologique ? », s’enquiert le spécialiste. En 2013, en troisième, la jeune fille a souvent manqué les cours. Jusqu’à douze demi-journées par trimestre, évalue-t-elle en consultant son « carnet de bord » des migraines. Un absentéisme qui ne l’empêche pas d’être une élève brillante. « C’est souvent le cas chez les enfants migraineux, ils ont une grande maturité et ont du mal à être en phase avec les enfants de leur âge. Leur cerveau fonctionne à 300 à l’heure, mais ils s’ennuient, cela peut devenir une spirale infernale », décrypte Daniel Annequin.

UNE PATHOLOGIE FRÉQUENTE EN PÉDIATRIE

Le médecin, anesthésiste et psychiatre de formation, parle d’expérience. En une dizaine d’années d’existence, le Centre de la migraine de l’enfant a accueilli plus de 8 000 jeunes patients. Une expertise dont l’équipe rend compte dans un livre qui vient de paraître : Migraine, céphalées de l’enfant et de l’adolescent (sous la direction de Daniel Annequin, Barbara Tourniaire et Rémy Amouroux, éditions Springer, 228 p., 50 €). L’ouvrage est surtout destiné aux professionnels, mais reste accessible à un public motivé. L’équipe a aussi développé un livret sur le sujet et un site Web (www.migraine-enfant.org), avec des outils pédagogiques pour les familles et les médecins.

Comme chez l’adulte, les migraines sont une pathologie fréquente en pédiatrie, de 5 % à 10 % des enfants sont concernés. Mais elles restent méconnues, par les parents, les médecins et de façon générale par les professionnels de santé.

 

Dessin d'enfant migraineux extrait de l'ouvrage "Migraine, céphalées de l'enfant et de l'adolescent", sous la direction de Daniel Annequin, Barbara Tourniaire et Rémy Amouroux (éditions Springer, 228 p., 50 euros).

 

En consultation avec un autre petit patient, âgé de 7 ans, Daniel Annequin s’agace ainsi que l’ibuprofène – un anti-inflammatoire – qu’il avait prescrit n’ait pas été délivré par le pharmacien. « Il m’a dit que c’était trop fort, qu’il fallait continuer avec le paracétamol », justifie la mère de l’enfant. « Voilà, c’est typique », grimace Daniel Annequin, en rappelant que l’ibuprofène est pourtant le traitement de première intention des crises de migraine chez l’enfant.

UN INTERROGATOIRE COMPLET ET ORIENTÉ PERMET DE POSER LE DIAGNOSTIC

La méconnaissance de cette pathologie vient en partie de symptômes différents de ceux de l’adulte. La durée de la crise peut être plus courte (deux heures versus quatre chez l’adulte). La céphalée est le plus souvent bilatérale, alors qu’elle siège en général d’un seul côté du crâne chez l’adulte. De plus, les symptômes peuvent être trompeurs, surtout quand il n’y a pas du tout de maux de tête associés. Dans l’enfance, les migraines peuvent ainsi se manifester par des épisodes de vomissements, de douleurs abdominales, ou encore de vertiges.

En théorie, un interrogatoire complet et orienté permet de poser le diagnostic sans aucun examen complémentaire. En pratique, beaucoup des enfants qui arrivent au Centre de Trousseau ont eu une imagerie cérébrale pour éliminer une pathologie grave, en particulier une tumeur. « La moitié de nos patients arrivent avec un scanner sous le bras, estime le docteur Barbara Tourniaire, pédiatre de formation.Mais depuis dix ans, il y a eu des progrès, les médecins évoquent davantage le diagnostic de migraine chez un enfant. Quant aux parents, ils sont plus ouverts pour parler de prise en charge psychologique, d’hypnose. »

De fait, c’est presque exclusivement sur de telles méthodes, non pharmacologiques, que repose le traitement de fond des migraines de l’enfant quand il est nécessaire. Une différence de plus avec les migraines de l’adulte où les traitements au long cours consistent le plus souvent en des médicaments.

 

Dessin d'enfant migraineux extrait de l'ouvrage "Migraine, céphalées de l'enfant et de l'adolescent", sous la direction de Daniel Annequin, Barbara Tourniaire et Rémy Amouroux (éditions Springer, 228 p., 50 euros).

 

Relaxation, hypnose, biofeedback… Plusieurs techniques ont démontré leur efficacité, dont certaines sont réalisées sur place, en petits groupes ou en individuel, par les trois psychologues de l’équipe. Le centre pratique par exemple la « relaxation thérapeutique de Bergès ». « Pour l’enfant, c’est un espace de découverte de son corps, autrement que par la douleur », précise Florence Reiter, l’une des psychologues. Une autre méthode de groupe combine verbalisation, dessins et temps de relaxation. « Les séances ont pour but de faire émerger l’idée que la migraine est déclenchée par des facteurs extérieurs, mais qu’il existe aussi des facteurs internes. Les patients apprennent à les identifier, pour mieux les contrôler », poursuit la psychologue. Proposés à tout âge, les dessins permettent d’illustrer la douleur, ses facteurs déclenchants, et aussi ce qui la calme. Pour son« image de calme », un enfant a dessiné la main de sa mère sur son front. Un autre a écrit en lettres capitales énormes : DORMIR.

Sandrine Cabut


 

 

Cognitive Behavioral Therapy for Treatment of Pediatric Chronic Migraine/La psychologie efficace contre les migraines de l'enfant

 

Marie-Noëlle Delaby 
La thérapie cognitivo-comportementale améliore la prise en charge des migraines chroniques de l'enfant et restreint l'abus d'antidouleurs.

 

Souvent méconnus chez le patient jeune, les maux de tête chroniques toucheraient près de 15% des enfants en France. Les migraines chroniques en sont la forme la plus sévère. Heureusement rares (1,75% des moins de 18 ans), elles se caractérisent par plus de 15 épisodes migraineux par mois et sont considérées par l'OMS comme l'une des vingt premières causes d'invalidité dans le monde. Ces pathologies très douloureuses entraînent souvent les patients vers une escalade médicamenteuse. L'augmentation continue des prises et doses d'anti-douleur pour obtenir le même effet finit par engendrer des migraines résistantes à tous traitement. Des abus qui expliquent l'intérêt du corps médical pour les thérapies non médicamenteuses.

S'intéressant à ces méthodes alternatives, des chercheurs du centre de la migraine de l'hôpital de Cincinnati (Ohio, Etats-Unis) ont cherché à comparer l'efficacité de deux prises en charge distinctes. Pendant un an, ils ont soumis 135 migraineux chroniques âgés de 10 à 17 ans au même traitement médicamenteux. Certains recevaient en plus des sessions d'éducation à la migraine, les autres, des séances de thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

«L'éducation à la migraine consiste à apprendre aux parents et à l'enfant les mécanismes de la migraine et ses facteurs d'influence (sommeil, alimentation) afin de mieux comprendre et gérer sa prise en charge», explique au Figaro le docteur Luigi Titomanlio, pédiatre et neurologue à l'hôpital Robert-Debré (Paris). «La thérapie cognitivo-comportementale va plus loin en mettant en place différentes techniques de gestion de la douleur comme l'hypnose, la relaxation, ou le rétrocontrôle [apprentissage de la relaxation musculaire], dans le but d'atténuer et prévenir les crises», poursuit-il.

Réduire l'appréhension des crises

Les résultats de l'étude publiée le 25 décembre sur le site du JAMA* montrent une baisse plus importante du nombre d'épisodes migraineux dans le groupe ayant bénéficié de thérapie comportementale. Chez ces patients, on recensait 11,5 épisodes quotidiens de maux de tête en moins par mois, contre 6,8 pour le groupe ayant eu une simple éducation à la migraine.

«La thérapie comportementale présente un intérêt réel contre les maux de têtes chroniques car il est démontré scientifiquement que l'appréhension de la crise, qui fait que l'on se concentre sur la douleur, en amplifie l'intensité», rappelle le Dr Titomanlio. «Sans oublier qu'elle prévient l'abus de médicament antalgiques», ajoute le médecin dont le service hospitalier propose des séances à ces petits patients.

Les dernières recommandations professionnelles publiées en avril 2013 par la Société française d'étude des migraines et des céphalées concluaient également à l'efficacité des thérapies comportementales et cognitives dans la prévention de la migraine chez l'enfant et l'adolescent.

Seul bémol, ces thérapies ne sont pas remboursées. Si les premières séances sont souvent initiées à l'hôpital, où elles ne sont pas à la charge de la famille, le suivi dont dépend la réussite du traitement se poursuit généralement en dehors de l'hôpital. Mais peu de spécialistes de la migraine de l'enfant existent en ville et les délais d'attente à l'hôpital ou dans les centres de la migraine peuvent être très longs.

Mark Connelly

JAMA. 2013;310(24):2617-2618. doi:10.1001/jama.2013.282534.

Headaches that occur more days than not are prevalent in youth, affecting as many as 1 in 60 children and adolescents. Chronic migraine is defined as frequently recurring episodes of severe pulsating headaches with features such as nausea, vomiting, and sensitivity to light and sound that occur along with daily or near-daily milder headaches. The majority of children with this disorder experience substantial impairment in their ability to function at school and to participate in typical physical and social activities. Yet rarely do children with chronic migraine seek treatment. If they did, historically most clinicians had little treatment to offer because of insufficient training in headache management, lack of preventive medications approved by the US Food and Drug Administration for this condition, and limited data from placebo-controlled randomized trials to guide treatment.

Wagner vous donne la migraine? Voici pourquoi.../How Wagner’s operas held secrets of his disabling migraines and headaches

Richard Wagner (1813-1883) jouant sur un piano Steinway.

Vous ne le saviez peut-être pas, mais le grand compositeur allemand, Richard Wagner, souffrait de migraines récurrentes. Et visiblement, il a transposé cette douleur dans sa musique.

Un petit mal de tête en écoutant Siegfried ? Ce n'est évidemment pas une généralité, mais si cela se produit, l'explication est toute simple. Richard Wagner souffrait de nombreux maux, dont la migraine. Dans ses correspondances, l'artiste décrit d'ailleurs en détail « la peste de son existence ». Selon le British Medical Journal, trois chercheurs allemands ont conclu que cette douleur récurrente a influencé ses opéras. Cette étude a mis en corrélation l'histoire de la musique et la médecine. Et visiblement, ce handicap n'a pas nui à son oeuvre, que du contraire...

Les trois scientifiques ont donc détecté des phonophobies à certains moments de Siegfried, troisième volet du cycle de « L'Anneau de Nibelung ». Dans la scène 1 de l'acte I (« Swangvolle Plague »), on retrouve les sensations physiques de cette douleur. Le nain forgeron Mime martèle son acier. Au début, les battements sont à peine audibles, ils s'intensifient ensuite au point de devenir douloureux. A l'apogée du morceau, il s'écrie « Peste compulsive! Douleur sans fin! » alors qu'il ne parvient pas à forger une épée assez solide.

La scène 3 fait plutôt référence aux migraines ophtalmiques. Wagner les voit comme « une ligne mélodique scintillante, clignotante, brillante, avec un motif en zig-zag ». Mime chante d'ailleurs: « Immonde lumière ! L'air est-il en flammes ? »

Aussi, selon les chercheurs, la fréquence sonore utilisée dans Siegfried s'apparente à celle du scintillement vécu lors d'une migraine. Cette dernière est en moyenne de 17,8 hertz, alors que celle de la scène 3 de l'opéra approche les 16 hertz lorsque le tempo réclamé par Wagner est respecté. Les trois scientifiques en concluent donc que cet handicap sévère était utilisé par le compositeur de manière créative, en « laissant les générations futures prendre part à ses émotions et à ses perceptions. » Que serait donc devenue sa musique s'il avait pu suivre un traitement?

How Wagner’s operas held secrets of his disabling migraines and headaches

Thursday, December 12, 2013 - 11:12

In a paper published in the Christmas edition of The BMJ, researchers have looked at how German composer Richard Wagner’s disabling migraines and headaches influenced his operas.

As composer of frequently performed operas worldwide, Wagner’s medical problems have been investigated in numerous accounts and he even described his headaches and symptoms as the “main plague of his life”.

Researchers in Germany therefore wanted to show how Wagner used his suffering to compose his operas, using Siegfried as an example.

The researchers say Siegfried opens with a pulsating thumping which gradually becomes more intense until it reaches an “almost painful pulsation”. At the climax, the main character cries out “Compulsive plague! Pain without end!” which the researchers believe is a representation of a “painful, pulsating sensory migraine episode”.

In his memoirs, Wagner gives an account of the symptoms he had in September 1865, the same time he composed Siegfried. The composer openly voiced his suffering caused by the “nervous headaches” he had while composing this opera.

Wagner’s depiction of his migraines included a “scintillating, flickering, glimmering melody line with a zig-zag pattern” while a main character sings of “Loathsome light!” and “rustling and humming and blustering”. The researchers say the music has the characteristics of a typical migraine and the experimental flicker frequency gives “important clues” about the performance speed intended by Wagner.

They conclude that Richard Wagner was “severely burdened” by migraine and used his suffering creatively “letting future generations take part in his emotions and perceptions”.

In a video abstract, the researchers explain how “his pain is in the centre of his music” and question what his music would have been like had Wagner been treated for his headaches and migraine


 

Histoire de l'ergotisme

CEPHALEES DUES AUX PRODUITS TOXIQUES

Professeur John EDMEADS

Neurologie    Université de Toronto

Ces céphalées apparaissent à la suite de l'exposition à des substances chimiques sur le lieu de travail ou dans tout autre environnement ou à la suite de leur utilisation. On pense que la plupart des substances occasionnant des céphalées provoquent une dilatation des vaisseaux sanguins de la tête sensibles à la douleur. Plusieurs substances [par exemple, les insecticides tels que le chlordécone (Képone) et l'hexachlorure de benzène (Lindane)] peuvent provoquer un gonflement cérébral (" œdème "), lequel occasionne une céphalée en augmentant la pression exercée sur le cerveau. Les céphalées dues à l'exposition à une substance toxique sont diffuses, souvent intermittentes. Elles empirent avec l'activité et présentent divers degrés de gravité. On pense, sans que cela ne soit prouvé, que les personnes qui souffrent déjà de céphalées bénignes dues à un dysfonctionnement telles que la migraine sont plus sensibles à certaines de ces substances et qu'elles risquent donc davantage de souffrir de céphalées à leur contact.

Le monoxyde de carbone est sans doute la cause la plus fréquente des céphalées dues à l'environnement (installations de chauffage défectueuses, ateliers de réparation automobile mal aérés), mais on sait que de nombreuses autres substances provoquent des céphalées. La liste reprise ci-dessous est loin d'être exhaustive :

  • alcools à longue chaîne, colorants d'aniline, arsenic, baume, borate, bromate, camphre, disulfure de carbone, tétrachlorure de carbone, chlorates, chlordécone, sels de cuivre, acide éthylènediaminetétracétique, heptachlore, sulfure d'hydrogène, iode, kérosène, plomb, lithium, méthanol, bromométhane, chlorométhane, iodure de méthyle, mercure, naphtalène, nitrates, nitrites et composés organophosphorés.

Les céphalées disparaissent dès que le sujet quitte l'environnement et, généralement, cette disparition survient rapidement, en principe un ou deux jours plus tard, étant donné que les vaisseaux sanguins crâniens dilatés retrouvent leur volume normal. Cependant, cette disparition peut prendre plusieurs semaines si la substance toxique s'est accumulée dans l'organisme (par exemple, le plomb) ou si la céphalée est due à un œdème cérébral, lequel peut prendre un certain temps pour se résorber.

Certains facteurs permettent de diagnostiquer les céphalées dues à l'exposition à une substance toxique :

  • une substance toxique a été décelée dans l'environnement immédiat;
  • d'autres personnes en contact avec la substance toxique peuvent présenter les mêmes troubles;
  • l'analyse des liquides organiques tels que le sang et l'urine peut révéler la présence de la substance toxique;
  • les céphalées disparaissent un ou deux jours après que la personne atteinte a été éloignée de l'environnement ou que la substance toxique a été éliminée de celui-ci, à moins qu'il ne soit démontré (généralement au moyen d'un tomodensitogramme ou de l'imagerie par résonance magnétique) que la céphalée est due à un œdème cérébral.

Un problème épineux survient lorsqu'un sujet affirme souffrir de céphalées en raison d'une sensibilité ou d'une allergie à une substance non toxique présente dans l'environnement ou d'une hypersensibilité à des substances présentes dans des proportions acceptables (par exemple, la poussière). Il n'existe aucun doute sur le fait que certaines formes d'allergies telles que la maladie sérique, l'anaphylaxie, l'urticaire et la rhinite associée à une sinusite peuvent provoquer des céphalées entre autres symptômes importants (tels que la respiration sifflante, l'urticaire, la chute de la pression artérielle, etc.). Le fait qui est extrêmement controversé consiste à savoir si l'hypersensibilité et/ou l'allergie seules peuvent provoquer des céphalées. Dans de tels cas, la question peut être tranchée grâce à la découverte, dans les cellules sanguines, le plasma, le liquide céphalorachidien et/ou l'urine, d'une preuve chimique ou cellulaire attestant de l'existence d'une réaction allergique aiguë au cours de la céphalée; de tels éléments peuvent être fournis par un immunologiste ou un allergologue. Un test cutané positif ne suffit pas à établir un lien entre la présence probable d'une allergie (ce que signifie le test cutané) et la céphalée; les allergies et les céphalées sont extrêmement répandues, de façon indépendante, dans l'ensemble de la population.